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    VISION A DISTANCE ET ESPIONNAGE EXTRASENSORIEL

     

     

    PARTIE II

     

     1. Visualisation à distance et individus « ordinaires » :

    Les bureaux de la CIA des Services Techniques et des Recherches et Développement ont injecté environ 150.000 dollars dans le programme de RV du SRI. Il y eut aussi deux petits contrats avec la Navy et la NASA, et des subventions privées pour les recherches avec Uri Geller.

    Hal Puthoff avait créé le terme « visualisation à distance » ("remote viewing") pour désigner la capacité des « visualiseurs ». Lui et Russel Targ distinguèrent la « visualisation à distance par les coordonnées », la « visualisation à distance hors site », la « visualisation à distance poussée » (avec induction d’états modifiés de conscience plus profonds).

    Fin 1973, début 1974, Hal Puthoff et Russel Targ concentrèrent leurs recherches sur quatre individus « ordinaires » (ne disposant pas a priori d’aptitudes psi) : une technicienne de laboratoire appelée Phyllis Cole, un mathématicien nommé Marshall Pease, un futurologue (observateur des tendances économiques et culturelles) du nom de Duane Elgin, et Hella Hammid (une amie photographe du couple Targ, allemande de naissance). Les trois premiers étaient des employés du SRI. Un jour, raconte-t-on, un collègue statisticien de Duane Elgin lança une pièce en l’air et demanda à ce dernier si elle allait tomber sur pile ou face. Duane Elgin donna la bonne réponse trente-trois fois de suite. Au SRI il fut soumis à des tests de RV et de psychokinèse. Il prétendit (mais il était seul dans la pièce) qu’il avait, par simple concentration, fait violemment osciller un pendule. Duane Elgin accomplit notamment 7000 essais sur la machine d’initiation à la PES de Russel Targ.

     

    2. Hella Hammid :

    Hal Puthoff et Russel Targ firent subir à Hella Hammid le même test des 9 sites que Pat Price. Au regard des transcriptions le juge estima que cinq sites avaient été correctement repérés. Pour une cible donnée chaque transcription était évaluée par le juge de 1 (le meilleur) à 9 (le moins bon), selon qu’Hella Hammid se rapprochait ou non de la cible. Les quatre transcriptions manquées reçurent un 2 du juge (alors que les deux échecs de Pat Price avaient reçu un 3 et un 6). Hal Puthoff calcula que la probabilité que les résultats aient été dus au hasard étaient d’une chance sur 500.000. Il fut estimé plus tard que ce résultat était surévalué, le vrai taux étant cependant, pour Hal Puthoff, encore assez haut. Tout bien considéré, note Jim Schnabel, Hella Hammid « n’était pas aussi bonne que Price, mais il s’en fallait de peu ». Et elle semblait capable de rivaliser avec lui dans certaines catégories spécifiques, comme la "RV précognitive" (PRV).

    Un jour, alors qu’Hella Hammid se trouvait dans la salle de visualisation avec Russel Targ, Hal Puthoff venait de partir vers un site avec Earle Jones. Hella Hammid, impatiente d’en finir avec l’expérience, déclara à Russell Targ qu’elle savait déjà quel était le site où ils allaient se rendre. Elle le décrivit puis s’en alla. Non seulement la description fut précise, mais elle fut apparemment réalisée avant que le site ait été choisi par le générateur de nombres aléatoires.

    Hal Puthoff et Russel Targ élaborèrent un nouveau protocole. Hal Puthoff tournait en voiture avec une série de dix sites possibles dans des enveloppes scellées, Hella Hammid restant dans la salle de visualisation avec Russel Targ. A un moment prédéterminé elle devait essayer de visualiser le site de façon prémonitoire, après quoi elle pouvait rentrer chez elle. A un autre moment prédéterminé Hal Puthoff utilisait, avec sa calculatrice de poche, une fonction génératrice de nombres aléatoires. Ayant ainsi sorti un chiffre entre 0 et 9, lequel correspondait à l’une des enveloppes, il se rendait sur le site correspondant et attendait là pendant un temps spécifié avant de rentrer au SRI. Hella Hammid fut testée quatre fois de cette manière. Le « juge aveugle » estima que toutes les transcriptions correspondaient aux cibles.

    Hella Hammid réalisa avec succès des expériences de RV dans lesquelles les sujets se trouvaient dans des sous-marins en plongée profonde au large des côtes californiennes, et elle essaya de visualiser des sites dans la baie de San Francisco. Pat Price et Hella Hammid parvinrent même à visualiser à distance Hal Puthoff en vacances en Amérique centrale. (1)

     

    3. Tests variés :

    Hal Puthoff et Russel Targ utilisèrent l’électroencéphalographie. L’« émetteur » s’asseyait dans une pièce, agressé par une lumière stroboscopique qui imprimait un certain motif à ses ondes cérébrales, pendant que le « récepteur » était installé dans une autre pièce, celle-ci étant électriquement isolée. Le « récepteur » était relié à un électroencéphalogramme pour voir si ses propres ondes cérébrales répondaient à celles de l’émetteur. Les deux chercheurs essayèrent six récepteurs, mais seul l’électroencéphalogramme d’Hella Hammid parut se modifier quand l’émetteur essaya de lui envoyer des informations psi. Les ondes cérébrales de celle-ci, cependant, au lieu de reproduire celles de l’émetteur, ne faisaient que légèrement diminuer les rythmes des ondes alpha et accentuer insensiblement ceux des ondes bêta, trahissant une légère réponse, non spécifique, à un stimulus. Le stimulus réel semblait avoir quelque effet, mais à un niveau trop enfoui pour être capté par l’équipement d’électroencéphalographie.

    Hal Puthoff et Russel Targ ont aussi demandé à Pat Price et à d’autres sujets de visualiser à distance des cibles sur des disques informatiques ou sur les puces en silicone des générateurs de nombres aléatoires. Ils ont aussi essayé de leur faire visualiser des objets dans des petites boîtes, dans des séries de casiers ou dans des boîtes de films. En cette dernière matière Hella Hammid était la plus performante.

    Un jour, alors que Pat Price et Hella Hammid n’étaient pas là, Russel Targ lui-même localisa Hal Puthoff sur l’aérodrome d’une petite île, où ce dernier s’était rendu de manière inattendue.

    On utilisa des objectifs technologiques, ce qui allait de photocopieurs et d’accumulateurs, à des stations d’épuration. On utilisa aussi la RV associative, dans laquelle des objets ou des localisations géographiques servaient de substituts pour des lettres et des nombres. Il y eut également des expériences de psychokinésie avec des magnétomètres et des pendules. La machine d’initiation à la PES (machine de Russel Targ) fut utilisée pour tester un groupe de cent écoliers locaux.

    Les sujets ont été soumis à une batterie d’analyses médicales et psychologiques, analyses supervisées par la Palo Alto Medical Clinic. Elles visaient à isoler les caractéristiques psychologiques et neurophysiologiques qui tendaient à coïncider avec de bonnes dispositions psychiques. Il y eut un historique médical complet, huit tests sanguins, des EEG en état de veille, des EEG endormis, des tests auditifs et oculaires, un scan imageur magnétique du cerveau, un test de force de poigne au dynamomètre, le test de la fiche perforée, le test de l’acquisition de concepts verbaux, le test de dépistage d’aphasie de Halstead-Wepman, le test gestalt du moteur visuel de Bender, le test de mémoire de Buschke, le test de mémoire visuelle de Benton, le test du cube de Knox, le test de performance tactile, l’échelle d’intelligence de Wechsler chez l’adulte, l’inventaire des personnalités multiphasiques du Minnesota, le test de préférence de personnalité d’Edwards, le test d’aperception thématique (ou test d’imagination créatrice), le test des taches d’encre de Rorschach. Mais il ne ressortit aucun profil clair pouvant montrer ce qui faisait un bon médium. On repéra cependant quelques facteurs spécifiques. Quelques preuves suggéraient que les médiums les plus talentueux dans la population devaient aussi être relativement intuitifs, sans a priori, émotionnellement sensibles et très intelligents.

    « Etant plus enclins aux états modifiés de conscience et aux expériences visionnaires qui les accompagnaient, beaucoup d’entre eux montraient aussi les caractéristiques des individus souffrant de troubles dissociatifs ou schizoïdes. En outre les ‘‘asynchronicités’’ d’électroencéphalogramme et les schémas d’activité électrique déséquilibrée entre les deux lobes du cerveau étaient plus fréquents chez les meilleurs médiums. On trouvait souvent ces ‘‘asynchronicités’’ d’EEG chez des individus ayant des crises ou des attaques mineures, ou souffrant d’hyperactivité. On peut aussi les rencontrer chez des sujets qui peuvent réaliser certaines choses extraordinaires, comme calculer mentalement le chiffre Pi jusqu’à dix mille chiffres après la virgule, pouvoir donner automatiquement le jour de la semaine où tombera une date, par exemple le 29 novembre 2042, ou pouvoir jouer parfaitement un concert de piano de Mozart après l’avoir entendu une seule fois. » (Jim Schnabel)

    Pour l’essentiel les médiums du SRI étaient des personnes saines, tant physiquement qu’émotionnellement, et dans certains cas en meilleure condition même que la moyenne. Dans ses études sur la religion primitive Joseph Campbell avait noté que les chamanes partageaient certaines des qualités des névrotiques et des schizophrènes. Mais Joseph Campbell concluait que la crise chamanique, quand elle est correctement gérée, « fournit à l’adulte une intelligence et un perfectionnement supérieurs, mais aussi une plus grande endurance physique et vitalité d’esprit que chez les autres membres du groupe ». L’un des sujets psi de Russel Targ et d'Hal Puthoff était un patient du département psychiatrique du Centre médical universitaire de Stanford.

    « Il y avait été admis après avoir prétendu que son épouse et son amant secret lui en voulaient. Il entendit leurs voix, il les ‘‘voyait’’ à distance en train de comploter… En bref il présentait les symptômes classiques d’une schizophrénie paranoïde aiguë. Mais il prétendait également pouvoir lire les pensées des gens et voir des choses se passer dans des lieux très éloignés, et il insistait tellement à ce propos que l’un des psychiatres, connaissant les recherches du SRI, contacta Puthoff. Il lui demanda si le cas pouvait l’intéresser. Puthoff était sceptique. Il suggéra au psychiatre de faire dans un premier temps ses propres expérimentations informelles, en mettant notamment des cartes à jouer dans une enveloppe et en regardant si son patient pouvait les deviner.

    Le praticien suivit le conseil de Puthoff. Et bientôt il revint en affirmant que son patient n’avait aucun problème pour deviner les cartes dans l’enveloppe. Mais ce n’était vrai que lorsqu’il n’était pas sous médicament. Quand on lui donnait de la thorazine, un antipsychotique, ses aptitudes psi disparaissaient comme ses psychoses. Finalement Puthoff accepta de voir l’homme. Et après avoir réalisé plusieurs tests il constata qu’il avait vraiment face à lui un savant extraordinaire. Mais il constata aussi que son sujet était mentalement très déstructuré – en fait il était ‘‘plus fou qu’un dingue’’ – et il était presque impossible de travailler avec lui. Puthoff le renvoya à Stanford. Il apprit plus tard, de la bouche même du psychiatre, que l’homme avait dit vrai d’un bout à l’autre. Après une enquête approfondie la police avait déterminé que l’épouse de l’homme et son amant avaient réellement comploté pour le tuer.

    De tels cas suggéraient que les problèmes psychiatriques, peut-être en encourageant des états modifiés de conscience, pouvaient d’une certaine manière activer ou libérer ce qui dans le cerveau – de quelque nature que ce soit – gouvernait les aptitudes psi. Mais ce qui était plus inquiétant c’était que l’inverse pouvait aussi être vrai : à savoir que la pratique importante du psi pouvait provoquer des problèmes psychiatriques. » (Jim Schnabel) (1)

    En juin 1973, sur l’invitation du chercheur tchèque Zdenek Rejdak, Hal Puthoff et Ingo Swann se rendirent à Prague à l’occasion de la première conférence internationale sur la recherche "psychotronique". Les chercheurs psi soviétiques et est européens semblaient désireux de savoir comment le SRI parvenait à garder ses sujets psi mentalement stables. Ingo Swann pensa qu’une bonne partie des sujets psi du bloc soviétique avait commencé à avoir de sérieux problèmes. (2)

     

    4. Publication des travaux :

    Russel Targ et Hal Puthoff publièrent une partie des travaux. Leur premier article parut en novembre 1974 dans la revue « Nature », cet article décrivant les recherches effectuées avec Uri Geller, Pat Price, Hella Hammid et les autres. Un an et demi après ils publièrent un texte plus long dans le journal de la société d’ingénierie électrique, « Proceedings of the IEEE ».

    « Dans un premier temps le rédacteur en chef du journal, un scientifique des laboratoires Bell, Robert Lucky, voulait refuser l’article. Mais après une visite de Puthoff et Targ aux laboratoires Bell pour répondre aux questions des scientifiques sceptiques, Lucky s’avoua très impressionné. Finalement il se livra lui-même à ses propres expériences informelles de RV et il conclut que cette dernière était probablement réelle. Un journaliste le citera même un jour en disant : ‘‘La matière psychique n’est vraiment pas plus farfelue que certains principes de la physique qui sous-tendent le laser.’’ » (Jim Schnabel) (3)

     

    5. Les sceptiques :

    Les chercheurs du SRI eurent affaire à des « incroyants » cherchant à prouver l’inanité des recherches faites. Ce fut le cas de Laura Dickens (un pseudonyme), une employée de la CIA. Elle dit à Hal Puthoff qu’elle venait tourner sa recherche en ridicule. Il l’autorisa à assister à une séance de RV hors site de Duane Elgin.

    « Ensuite, avec la transcription des commentaires d’Elgin en main, Dickens, le médium, Targ et Puthoff se rendirent sur le site visualisé. La description d’Elgin correspondait clairement, mais cela n’impressionna pas pour autant Dickens. ‘‘Il y a un truc’’, dit-elle à Puthoff. » (Jim Schnabel)

    Le lendemain Laura Dickens et Hal Puthoff furent les expérimentateurs hors site. Ils récupérèrent auprès de Bart Cox des sites choisis au hasard et se rendirent sur place.

    « La veille Dickens avait soupçonné qu’une voiture ou même un hélicoptère ait pu suivre les expérimentateurs hors site pour rapporter discrètement les données à Elgin au SRI. Donc, ce jour-là, Dickens n’attendit avec Puthoff que quinze minutes sur les trente qu’ils devaient passer normalement sur le site. Elle supposa qu’alors la voiture ou l’hélicoptère devaient être partis depuis longtemps à ce moment-là. Puis elle dit : ‘‘OK, reprenons la voiture et partons sur un autre site.’’ Puthoff se plaignit que Dickens puisse ainsi bouleverser leur protocole. Mais elle insista et ils partirent vers un autre site qu’elle choisit. Quand les trente minutes de l’expérience furent effectivement passées, ils retournèrent au SRI.

    Et là ils découvrirent qu’Elgin était resté sans arrêt en connexion avec la cible. Il avait précisément décrit le premier site, puis il avait noté que les expérimentateurs retournaient inopinément vers la voiture au milieu de la séance. Ils s’étaient alors rendus sur le nouveau site qu’il avait décrit. Laura Dickens demanda qu’on lui laisse la nuit pour réfléchir à tout ça. » (Jim Schnabel)

    Hal Puthoff et Russel Targ décidèrent alors d’utiliser Laura Dickens comme « visualisatrice ». Au début elle refusa, puis elle accepta. Hal Puthoff récupéra les coordonnées d’un site, s’y rendit et attendit là pendant la ½ heure requise, pendant que Russel Targ, lui, était resté, avec Laura Dickens, dans la salle de visualisation. Russel Targ dit à Laura Dickens de fermer les yeux et d’utiliser son imagination. Elle vit un pont près d’un torrent. Hal Puthoff revint au bout d’un moment avant de repartir vers le site avec les deux autres participants à l’expérience. La cible était bien un pont au-dessus d’un petit torrent, dans un parc sur le campus du SRI.

    « Dickens parut un peu ébranlée. Mais après quelques instants elle se ressaisit. Elle considéra que Targ, dans la salle de visualisation, l’avait d’une quelconque manière subliminale mise sur la voie du site. Elle déclara qu’elle voulait retenter l’expérience, mais cette fois en l’absence de Targ.

    D’accord, répondirent les deux physiciens. Ils la laissèrent dans la pièce et scellèrent la porte avec une bande adhésive pour s’assurer qu’elle ne puisse pas les accuser d’avoir des protocoles vagues. Puthoff partit encore une fois chercher un site auprès de Cox, puis il se rendit sur le site. L’endroit était la Réserve naturelle de Baylands, à Palo Alto. Au terme du temps requis il revint au SRI. Ils enlevèrent l’adhésif témoin sur la porte et pénétrèrent dans la pièce de visualisation.

    Dickens était recroquevillée dans un coin, les mains sur ses oreilles et son bloc-notes serré contre sa poitrine, pour déjouer toute caméra de vidéosurveillance ou des enceintes ''subliminalo-suggestives'' qui pouvaient être dissimulées dans la pièce.

    Les deux hommes regardèrent ce qu’elle avait dessiné et sourirent. Puis ils l’emmenèrent jusqu’à la réserve. De nouveau il était évident que Dickens avait décrit le site.

    Cette dernière parut de nouveau malheureuse. Mais encore une fois ses croyances reprirent rapidement le dessus et elle déclara qu’elle savait comment le truc se manifestait. Puthoff et Targ avaient simplement regardé ses dessins et ils l’avaient emmenée sur le site qui correspondait le mieux à ceux-ci.

    Elle leur dit qu’elle voulait refaire l’expérience avec un autre site. Cette fois elle voulait que les deux hommes se rendent là-bas, puis qu’ils reviennent et lui disent quel était le site avant qu’elle leur montre les croquis.

    OK, dirent encore une fois Puthoff et Targ. Ils ''réenfermèrent'' Dickens dans la pièce avec l’adhésif à la porte. Ils récupérèrent les coordonnées du site auprès de Bart Cox et s’y rendirent. Il s’agissait cette fois d’une aire de jeux pour les enfants, à environ trois kilomètres du SRI. Il y avait un certain nombre de choses à cet endroit-là, mais la structure la plus éminente était un tourniquet avec des barres à anneaux, autrement dit un dispositif auquel les bambins s’accrochent en hurlant, en essayant de résister à la force centrifuge. En somme une sorte de ''mini-manège". » (Jim Schnabel)

    Ils rentrèrent au SRI et indiquèrent à Laura Dickens les coordonnées du site. Or la femme avait dessiné quelque chose qui ressemblait beaucoup au "mini-manège" avec ses barres à anneaux, mais comme le faisaient souvent les "visualiseurs" elle avait mal analysé son dessin, décidant qu’il s’agissait d’une coupole qui pouvait s’adapter au sommet d’une maison. Cependant la correspondance visuelle entre son dessin et le petit tourniquet était si frappante que lorsqu'Hal Puthoff et Russel Targ emmenèrent Laura Dickens sur place elle tendit le doigt vers celui-ci et dit :

    - C’est ça, n’est-ce pas ?

    Avant d’ajouter :

    - Mon Dieu, ça marche !

    Elle se révéla l’une des meilleures « visualisatrices » que le SRI eut l’occasion de tester. Elle rejoignit un petit groupe informel d’espions psychiques interne à la CIA.

    Les critiques les plus dures contre les deux chercheurs émanèrent de sceptiques qui appartenaient au SRI et qui essayèrent, en vain, de faire cesser les recherches. A l’extérieur du SRI Russel Targ et Hal Puthoff furent qualifiés par Leon Jaroff (rédacteur en chef de la rubrique « Sciences » du "Time") de crédules et d’approximatifs, et les responsables de la revue "Nature", où Hal Puthoff et Russel Targ avaient publié leur premier article, reçurent très froidement ces derniers. Cependant certains critiques avancèrent ostensiblement des arguments valides, ce qui obligea les chercheurs du SRI à améliorer leurs techniques d’analyse des données.

    « Les résultats que les deux compères publiaient pouvaient être aussi spectaculaires qu’ils voulaient, on posait toujours comme principe qu’ils étaient erronés, même si personne ne parvenait à détecter la moindre erreur. Et il existait un consensus scientifique pour répéter dans tous les cas que l’existence de la RV n’était ‘‘pas prouvée’’.

    Ce préjugé scientifique répandu contre le psi permettait aux sceptiques d’attaquer le travail du SRI sur des bases relativement non scientifiques. » (Jim Schnabel)

    Jim Schnabel note que les critiques les plus sérieuses concernaient les transcriptions des séances de RV hors site, que des juges emportaient avec eux pour les confronter à la liste de sites/cibles.

    « Il fut remarqué que les transcriptions concernant un objectif donné contenaient parfois des références à d’autres cibles de la série qui avaient déjà été visualisées. Les sceptiques considérèrent que cela invalidait l’expérience, parce que cela permettait aux juges de confronter les transcriptions aux cibles simplement en cherchant dans les transcriptions des indices non liés au psi. Tout en admettant qu’ils avaient fait une erreur, Puthoff et Targ maintinrent qu’en enlevant des transcriptions les indices faisant allusion par inadvertance à d’autres cibles, les données reprises continuaient de suggérer l’existence du psi. Ils signalèrent aussi que la procédure de confrontation qu’ils utilisaient, tout en simplifiant la dimension mathématique de la situation, sous-estimait largement la valeur statistique réelle des résultats de la RV. Par exemple Pat Price avait correctement nommé la tour Hoover comme cible. Le taux de chance pour que cet objectif ait été nommé par hasard, affirmaient-ils, devait être astronomique, et peut-être même incalculable. » (Jim Schnabel)

    En outre Leon Jaroff (1974) n’a pas manqué de préciser que Hal Puthoff et Ingo Swann étaient, à l’époque, membres de l’Eglise de Scientologie. On notera qu’ils avaient rejoint cette dernière dans les années 1960, à une époque où elle était beaucoup moins controversée. Hal Puthoff quitta la Scientologie au milieu des années 1970, avant d’apporter son soutien à un groupe d’anti-scientologues… Et Ingo Swann quitta aussi, ultérieurement, cette organisation. En outre, jusqu’à sa mort, Pat Price avait été impliqué dans la Scientologie. Hal Puthoff et Pat Price s’étaient rencontrés à un cours de Scientologie à Los Angeles. L’un des laborantins d'Hal Puthoff était un scientologue.

    « L’astronaute Edgar Mitchell, dont la fondation privée avait financé une partie du travail du SRI avec Geller, s’était brièvement intéressé à la Scientologie. Même le contrat de Pat Price avec sa compagnie houillère avait des liens avec l’Eglise de Ron Hubbard. L’un des principaux responsables de la société avait guéri d’une grave maladie, croyait-il, grâce à l’aide des techniques scientologiques. Et plus tard il essaya d’utiliser ces techniques pour ‘‘guérir’’ les problèmes professionnels de sa société. Il avait entendu parler de Pat Price au sein de la Scientologie.

    Selon l’une des doctrines centrales de l’Eglise de scientologie les êtres humains avaient des aptitudes psi innées. Donc une idée s’était répandue chez certains critiques selon laquelle des scientologues ne pouvaient exécuter des expérimentations psi impartialement. Des résultats négatifs seraient à l’encontre de leur religion. Puthoff, soutenu par Targ, qui lui n’était pas scientologue, insista sur le fait qu’à l’intérieur de son laboratoire il était un scientifique avant tout. Quoi qu’il en soit, un an ou deux après l’article de Leon Jaroff, Puthoff quitta la Scientologie. Mais même deux décennies encore plus tard certains observateurs du monde de la RV continuaient d’évoquer avec un ton désapprobateur la connexion avec la Scientologie. » (Jim Schnabel)

    Selon Richard Kennett, l’analyste de l’agence de renseignement (CIA), la RV était clairement un phénomène authentique. Néanmoins, pour lui, le problème était que de tous les médiums évalués par le SRI et la CIA, seul Pat Price s’était montré suffisamment précis et fiable pour être utilisé régulièrement dans un cadre d’espionnage. Et même dans ce cas tout son travail avait souvent été disqualifié par le « facteur ricanement ». De plus, à l’été 1975, Pat Price était décédé. En outre la CIA ne pourrait pas supporter un programme de développement du phénomène de la RV, pour le rendre plus précis et plus fiable, même en utilisant des sujets relativement ordinaires. Il aurait fallu des années de financement improvisé, un programme à grande échelle et à long terme impliquant beaucoup d’argent, des études neuropsychologiques en profondeur des médiums, et de nombreuses expérimentations rigoureuses de RV. L’information serait en outre répercutée dans les grands médias, au milieu d’un concert de sarcasmes et de protestations.

    La CIA cessa de confier des contrats au SRI, et le groupe informel de "visualiseurs à distance" au sein de l’Agence finit progressivement par éclater. Quand John McMahon changea de poste en 1976, il fut remplacé à la tête de l’OTS par Dave Brandwyne, lequel n’éprouvait pas beaucoup de sympathie à l’endroit de la RV.

    Fin 1974, quand le second et dernier contrat de la CIA approcha de son terme, Hal Puthoff et Russel Targ furent confrontés à un sérieux problème de financement. Ils cherchèrent des fonds, leur travail au SRI était sur la sellette… Ils allèrent voir Richard Bach (l’auteur de « Jonathan Livingstone le goéland »), lequel leur donna 40.000 dollars. Il demanda seulement de participer à une séance en tant que « visualiseur ». Cette somme et quelques autres du même type provenant de sources publiques et privées leur permirent de tenir les deux années suivantes. Un contrat, pour une valeur d’environ 100.000 dollars, fut financé par le Bureau de la recherche navale. Il se concentrait sur des expériences de télépathie mesurée par électroencéphalogrammes et sur des RV opérationnelles de sous-marins et d’autres cibles militaires étrangères. Le contrat fut prudemment intitulé : « Repérage de sources EM (électromagnétiques) distantes ». En 1976 Sam Koslov, le conseiller scientifique du secrétaire à la Marine, ordonna la rupture du contrat, cet individu étant franchement hostile au psi.

    A la fin de l’été 1977 un article de John Wilhelm fut publié dans le "Washington Post", cet article étant relatif aux recherches gouvernementales en matière d’espionnage psychique. Le ton était « prudemment sceptique ». Le lendemain, Stansfield Turner, le directeur de la CIA, fut interrogé sur le sujet lors d’une conférence de presse prévue bien avant la parution de l’article.

    « Turner reconnut que la communauté du renseignement avait réalisé quelques recherches dans ce domaine, principalement pour répondre aux rapports qui faisaient état de semblables recherches psi. Mais il minimisa l’importance du psi, en disant qu’il s’agissait d’une escapade intéressante mais qui ne servait à rien. Turner, faisant clairement référence à Pat Price, déclara que la CIA avait travaillé avec un homme qui semblait posséder de véritables aptitudes psychiques. Cet homme s’était montré capable de récupérer des images de cibles étrangères qu’il n’avait jamais vues, mais les dessins, bien qu’ils fussent assez précis, restaient, selon Turner, assez rudimentaires. De toute façon, ajouta le directeur de la CIA avec un sourire, ‘‘il est mort et nous n’avons plus jamais entendu parler de lui’’. » (Jim Schnabel) (4)

     

    6. Stephan Schwartz :

    Hal Puthoff obtint un petit contrat de Dale Graff, un physicien de la Division des technologies étrangères de l’Air Force. Dale Graff voulait essayer de reproduire le travail de communication psi que la Marine soviétique aurait réalisé avec succès, et il voulait aussi explorer l’hypothèse des Soviétiques concernant le psi, à savoir sa transmission via des ondes électromagnétiques de fréquences extrêmement basses (ELF).

    En juillet 1977 une opportunité de réaliser ces expériences se présenta grâce à Stephan Schwartz, un ancien officier de la Navy devenu un homme d’affaires prospère de Los Angeles et un fervent partisan du psi. Il persuada Ingo Swann et Hella Hammid de servir de "visualiseurs à distance" pour localiser des navires naufragés jusque-là non retrouvés, au large des côtes californiennes. Ingo Swann et Hella Hammid se fixèrent sur une zone localisée près de l’île Santa Catalina, à cinquante kilomètres environ au sud-ouest de Los Angeles, et ils dessinèrent divers objets de navire que l’on devait pouvoir trouver, selon eux, sur les lieux. Puis Stephan Schwartz loua un petit submersible du laboratoire de marine de l’Université de Californie du Sud. Ingo Swann et Hella Hammid descendirent dans le sous-marin et découvrirent des débris qui laissaient supposer qu’ils avaient découvert le bon site de naufrage.

    En accord avec Stephan Schwartz ils utilisèrent aussi le submersible pour exécuter des expériences pour le contrat secret de Dale Graff pour l’Air Force. A un moment prédéterminé une équipe d’expérience RV du SRI se rendit sur un site/cible choisi au hasard dans la baie de San Francisco. Dans le sous-marin, à cent-soixante mètres de profondeur, Hella Hammid essaya de capter des impressions de l’endroit visité. Elle vit un objet haut et imposant, un grand arbre énorme, avec beaucoup d’espace derrière. On dirait, dit-elle, « un à-pic ou une palissade, ou une falaise derrière ». On avait donné à Hella Hammid, dans le sous-marin, une série de six enveloppes contenant des photographies de sites distincts de la baie de San Francisco, et l’une des cibles était précisément l’endroit que l’équipe du SRI venait de visiter. Il fallait qu’elle rapproche sa description de la photo correspondante. Elle sortit immédiatement le cliché d’un chêne géant au sommet de la colline de Portola Valley…

    Ingo Swann descendit plus tard dans le submersible, à soixante-quinze mètres de profondeur. Pendant ce temps l’équipe du SRI se rendait sur un autre site. Ingo Swann décrivit « un sol de pierre plate, des murs, un petit bassin, une allée de pierre rougeâtre, de grandes portes, une promenade, un espace clos ». Parmi les six cibles possibles il choisit une galerie marchande avec un bassin d’eau à Mountain View, et il recopia le "message/leurre" au dos (message qui n’était pas censé être exécuté).

    Les deux "visualiseurs" avaient vu juste. Après cette première série d’expériences trois autres "visualiseurs" essayèrent, depuis le SRI, de recueillir des informations dans le sens inverse. Au moment prédéterminé ils essayèrent de visualiser les photographies qui se trouvaient dans les enveloppes à bord du sous-marin. Les enveloppes/cibles avaient été choisies par Hella Hammid et Ingo Swann, qui se trouvaient dans le submersible, parmi un grand choix d’enveloppes qu’ils avaient emmenées avec eux. De retour au SRI les "visualiseurs" confrontèrent leurs descriptions des cibles aux photographies qu’on leur présentait. Il y eut deux bonnes tentatives sur trois.

    Les expériences avaient plus ou moins infirmé la théorie soviétique sur le psi, celle qui implique des rayonnements électromagnétiques à extrêmement basse fréquence (ELF).

    « A la profondeur où se trouvait le submersible pendant les expérimentations, l’eau de mer réduit de telles ondes ELF aux fréquences visées (supposées être au même niveau que les fréquences des ondes du cerveau) à moins de 1% de leur puissance au-dessus de la surface de l’océan. Si l’hypothèse ELF avait été juste Swann et Hammid auraient dû noter une réduction majeure de la précision de leur RV. Mais, en l’espèce, les séances étaient aussi précises et rapides que toutes celles qu’ils avaient effectuées à courte portée sur terre. Pour le SRI et ses clients militaires l’hypothèse ELF était donc enterrée. » (Jim Schnabel)

    Hal Puthoff et Dale Graff exposèrent les résultats à un sous-secrétaire de la Navy… On fit dire à Hal Puthoff que la Navy n’avait aucune envie de discuter de RV ou de quelque autre manifestation du paranormal. Hal Puthoff apprit plus tard que Sam Koslov, une fois de plus, était intervenu pour empêcher toute implication de la Marine. (5)

     

    7. Gary Langford et Frances Bryan :

    « Un jour, en 1976, au cours d’une série d’expériences de RV hors site à grande distance au SRI, on demanda à Gary Langford de localiser Russell Targ. Celui-ci se trouvait alors à l’extérieur du Superdome de La Nouvelle-Orléans, à plus de trois mille kilomètres de là. Moniteur de l’expérience, Hal Puthoff était assis dans la salle de RV avec Langford. Il vit ce dernier hésiter. » (Jim Schnabel)

    Le "visualiseur" percevait quelque chose, mais il ne voulait pas dire ce que c’était. Finalement il déclara à Hal Puthoff qu’il voyait quelque chose qui ressemblait « à une soucoupe volante au milieu d’une ville ». Et c’est ce qu’il représenta, avant de le modifier un peu plus tard pour lui donner l’apparence d’un grand édifice en forme de dôme. Il apparut plus tard que Russell Targ, debout devant le "Superdome" et décrivant la scène autour de lui, avait également comparé le bâtiment à une soucoupe volante.

    Un jour de mai 1978 on tendit à Hal Puthoff un fax classifié spécial émanant du bureau du général Ed Thompson au Pentagone. Apparemment Ed Thompson l’envoyait pour le compte de la CIA. C’était une tâche urgente concernant un bombardier soviétique, un Tupolev Tu-22, type d’avion auquel l’OTAN donnait le nom de code « Blinder ». Il avait été perdu quelque part au-dessus du Zaïre et s’était manifestement écrasé dans la jungle. Hal Puthoff choisit le "visualiseur" Gary Langford, un spécialiste informatique du SRI. Il s’était révélé particulièrement bon sur les cibles de renseignement high-tech. En moins de dix minutes il sentit une rivière dans la jungle, la majeure partie de l’avion étant submergée. Il dessina une queue abîmée émergeant de la surface de la rivière, et il essaya de dessiner la zone entourant le site du crash… Hal Puthoff faxa les informations au Pentagone.

    Dale Graff, le physicien de l’Air Force, était aussi sur l’affaire du Zaïre. Il était à la Division des technologies étrangères de l’Air Force, à la base aérienne de Wright-Patterson dans l’Ohio. A la fin des années 1970 il avait essayé de communiquer télépathiquement avec un ami qui vivait à l’autre bout de la ville, chacun des deux passant au crible le contenu de ses rêves pour essayer de découvrir des éléments qui auraient pu être envoyés par l’autre. Accessoirement Dale Graff donnait des cours de parapsychologie à des étudiants. Il était l’un des principaux commanditaires de GRILL FLAME, il était aussi l’un des pourvoyeurs de fonds du SRI, et il avait réuni, à Wright-Patterson, un petit groupe informel de "visualiseurs", dont l’un des meilleurs sujets était une femme, Frances Bryan. Dale Graff donna à celle-ci une photo du Tu-22, en lui disant qu’un avion de ce type s’était écrasé quelque part en Afrique.

    « Le dessin qu’elle produisit de l’avion crashé n’était pas aussi détaillé que celui de Langford. En revanche elle fournit une bien meilleure vue aérienne du site et de la rivière, avec de nombreuses caractéristiques déterminantes du secteur. Graff rapprocha le dessin d’une zone qui se trouvait précisément dans la région où, pensait-on, le Tupolev avait dû tomber. Des synthèses des informations fournies par Bryan et Langford furent envoyées, via le Pentagone, à la Division Europe et Afrique du Directoire des opérations de la CIA. Celle-ci câbla l’information - sans mentionner l’origine non conventionnelle de la source - au chef de la station de l’Agence à Kinshasa. » (Jim Schnabel)

    Celui-ci ne fut pas très impressionné car la zone indiquée dans le câble se trouvait à environ cent-dix kilomètres à l’ouest du secteur où, selon sa propre équipe, le bombardier était tombé. De nouvelles cartes du secteur furent étudiées, et le bureau de Dale Graff fut en mesure de rapprocher vraiment le dessin de Frances Bryan d’un point spécifique le long d’une rivière particulière. L’équipe de la CIA trouva la principale partie intacte de l’avion écrasé, dans la rivière indiquée par le bureau de Dale Graff, à un peu plus de quatre kilomètres des coordonnées fournies. Le Président Carter voulut savoir comment ils avaient réussi à retrouver l’avion si rapidement. Stansfield Turner mentionna le rôle joué par les médiums. Jake Stewart, du National Security Council, et Charlie Rose, représentant du Congrès, avaient informé Jimmy Carter de l’existence du programme du SRI. Dix-sept ans après, encore émerveillé par l’épisode du Zaïre, il y fit brièvement allusion (avec quelques erreurs de détail) devant des étudiants qui l’avaient interrogé sur les événements inhabituels survenus sous sa présidence.

    On présenta à Hal Puthoff une photo du site du crash.

    « Le cliché représentait une rivière brune turbulente et la queue métallique de l’avion de reconnaissance soviétique sortant de l’eau. La photo ressemblait tellement au premier dessin de Langford qu’on aurait dit que le médium s’était rendu sur place avant tout le monde, errant comme un fantôme entre les arbres et observant tranquillement ce qu’aucun œil mortel n’avait encore vu. » (Jim Schnabel) (6)

     

    8. Jack Vorona, Dale Graff, époque de l’administration Carter :

    A l’époque de l’opération du Zaïre le SRI recevait des fonds d’une demi-douzaine de sources, dont le Directoire du renseignement scientifique et technique (DT) de la DIA et le bureau de Dale Graff à Wright-Patterson. Il y eut bientôt l’unité de RV du général Thompson à Fort Meade. Mais les superviseurs des contrats au titre des différents bureaux de financement commencèrent à entrer en compétition les uns contre les autres… Au début de 1979 le financement et l’exécution des tâches furent coordonnés par la DIA, et les éléments séparés du projet furent désormais connus sous le nom de code collectif GRLL FLAME.

    Jack Vorona, un ancien physicien nucléaire, dirigeait la section DT de la DIA. Il était l’un des principaux scientifiques du Pentagone. Le budget pour le programme du SRI se situait maintenant entre 500.000 et 1 million de dollars par an, avec une douzaine de personnes salariées. Hal Puthoff avait engagé Ed May, un physicien expert en informatique, et le représentant du gouvernement sur place, Jim Salyer de la DIA, avait été formé pour pouvoir intervenir comme moniteur. Quand des tâches opérationnelles arrivaient, elles passaient d’abord par Jim Salyer, généralement sous la forme d’un courrier, d’un fax ou d’un coup de téléphone sécurisé.

    Pour les tâches opérationnelles, surtout lorsque le "visualiseur" était Ingo Swann, on utilisait des cibles de « calibrage » avant et après la séance principale. Ingo Swann pensait qu’il pouvait à peu près évaluer la précision de la séance opérationnelle à partir des résultats de l’exercice de « calibrage ». On distinguait les cibles de classe A (cibles purement pratiques), de classe B (cibles opérationnelles) et de classe C (objectifs de calibrage).

    Parmi les cibles confiées aux "visualiseurs" il y avait des sites de recherche et de production biologiques : Obolensk, Stepnogorsk, Berdsk, une île sur la mer d’Aral appelée Vozrozhdeniye, et dans la ville de Sverdlovsk où un accident militaire impliquant des spores d’anthrax aurait tué des centaines de civils en 1979. Au milieu des années 1980 la DIA et la CIA dressèrent une liste des sites soviétiques de ce type qui contrevenaient à un traité de 1972 interdisant les recherches sur les armes biologiques offensives.

    Les "visualiseurs" du SRI, particulièrement Gary Langford, contribuèrent à des opérations simultanément confiées aux "visualiseurs" de Fort Meade.

    « Les dessins et les descriptions de Langford du sous-marin géant Typhoon, à Severodvinsk en 1979, correspondaient très largement à ceux qu’avait fournis Joe McMoneagle à Fort Meade. Et cette concordance contribua à convaincre Jake Stewart et ses collègues du NSC de prendre ces informations au sérieux. Langford et Swann visualisèrent aussi le test nucléaire chinois avorté cette même année. Le premier décrivit précisément une explosion, mais qui n’avait rien de nucléaire. Swann, hélas, dévia sur une explosion nucléaire prématurée qui aurait tué des milliers de scientifiques chinois.

    Langford, Swann et les autres ciblèrent des sous-marins soviétiques en plongée. Entre autres choses on leur demanda d’espionner des failles particulières sous l’Atlantique, pour découvrir si des ‘‘tonnants’’ soviétiques – des sous-marins lance-missiles balistiques intercontinentaux – ne s’y cachaient pas. On demanda aussi à Swann et Langford de participer à une mystérieuse et urgente opération de récupération d’une arme nucléaire de l’OTAN perdue près de l’Espagne, autour de 1980. » (Jim Schnabel)

    Au début de 1979 Dale Graff dit à Hal Puthoff que l’Air Force entendait financer un projet considérable de plusieurs milliards de dollars, qui dépendait entièrement de la sécurité. Ce programme concernait notamment un nouveau missile balistique intercontinental, le MX, lequel devait être basé dans un endroit spécial, un site qui devait permettre d’éviter un nouveau Pearl Harbour… Hal Puthoff avait assisté à l’expérimentation idoine qui pouvait intéresser les gens de l’Air Force. Le parapsychologue Charles Tart (de l’Université de Californie à Davis) avait en effet effectué une expérience de dépistage de masse des aptitudes psi, avec un financement provenant du programme du SRI, un test basique utilisant des cartes de PES ayant été, au début, utilisé. Après avoir testé deux mille étudiants il fit un nouveau dépistage avec un test informatique de PES, ce qui permit à Charles Tart de sélectionner les dix meilleurs sujets. Il fit subir à ces derniers la dernière expérience qui utilisait essentiellement un programme de simulation informatique d’un jeu de bonneteau, avec dix coques à choisir, le projet que voulait financer l’Air Force s’inspirant en quelque sorte du jeu de bonneteau… Le sujet devait trouver sous quelle coque se trouvait la bille, l’ordinateur redistribuant aléatoirement, à chaque tour, l’ordre des coques. Le meilleur sujet de Charles Tart fut Mary Long. En appliquant les résultats au problème du MX, Hal Puthoff calcula qu’avec un tel taux de réussite, Mary Long trouverait le MX caché, avec une précision de 80 %, en seulement cinquante essais. Cela ne prendrait que quelques heures à Mary Long ou à une équipe de "visualiseurs" aussi performants qu’elle pour percer un dispositif à propos duquel le Pentagone s’apprêtait à dépenser des milliards de dollars. Mais l’Air Force, qui veillait jalousement sur le principe du bonneteau du projet MX, fit mine d’ignorer le rapport relatif à la RV. Hal Puthoff exposa les résultats de son étude MX à Jake Stewart au NSC, et Jake Stewart fit passer le rapport à d’autres responsables de l’administration Carter. Certains refusèrent d’admettre l’idée que des médiums puissent avoir un impact dans des dossiers stratégiques aussi importants, d’autres furent plus impressionnés.

    La bourse de Dale Graff ayant été révoquée, la carrière de celui-ci à Wright-Patterson arriva à son terme. Il rejoignit le groupe de Jack Vorona à la DIA.

    A la fin de l’administration Carter le programme du SRI atteignait son apogée. (7)

     

    9. Etudes diverses :

    - Il y eut des études de "RV précognitive". Dans ce cas on modifiait le pourcentage de chances de découvrir un objectif choisi par un ordinateur. Ainsi la cible 1 pouvait avoir 67 % de chances d’être choisie tandis que la cible 2 avait 33 % de l’être… Hal Puthoff et ses collègues voulaient savoir si un "visualiseur" était toujours aussi bon pour capter n’importe quel événement/cible ou si les objectifs plus rares, comme des événements inattendus de la vie réelle, étaient plus difficiles à « pré-visualiser », même avec le psi. Les données laissent entendre que les "visualiseurs" avaient tendance à voir le futur probable plutôt que le futur réel. Cela explique peut-être pourquoi les numéros de loterie et d’autres objectifs à faible probabilité sont difficiles à prévoir.

    - On réalisa aussi des expériences de RV longue distance portant sur des milliers de kilomètres. On pratiqua des simulations au cours desquelles les "visualiseurs" essayaient de voir des victimes kidnappées ou des bombes dissimulées par des terroristes. Beaucoup de travail fut réalisé sur des cibles techniques (centrales nucléaires, usines aéronautiques, etc.), afin de familiariser les esprits des "visualiseurs" avec les subtilités des technologies militaires.

    - On donna aux "visualiseurs" de nombreux tests de personnalité, afin d’analyser leurs habitudes, leurs humeurs et leurs systèmes de croyances, leurs réactions au stress, et d’autres variables. On leur fit passer des tests neurologiques, des électroencéphalogrammes, et on les emmena au Laboratoire national de Los Alamos pour procéder à des scanners poussés des ondes cérébrales à l’aide d’un "magnétoencéphalographe" supraconducteur. On cherchait la région du cerveau où les fonctions psi prenaient naissance, les lobes temporaux semblant impliqués dans le processus.

    - On testa les expériences de sortie hors du corps de Joe McMoneagle. On lui demandait de s’allonger et de parcourir « astralement » un couloir pour pénétrer une pièce fermée à clé. Il devait dire quel objet/cible avait été laissé par Hal Puthoff à l’intérieur. Auparavant ce dernier devait indiquer à Joe McMoneagle la direction de la pièce où se trouvait la cible, « afin que son corps astral ne perde pas son chemin ».

    - Au cours d’une expérience de RV avec Joe McMoneagle, un ordinateur se trouvant près de la salle de visualisation tomba soudainement en panne. On demanda au médium de recommencer délibérément à mettre l’ordinateur en panne, mais la plupart de ses actions "psychokinétiques" étaient accidentelles, à défaut d’être des coïncidences. Lors d’une réunion de l’Académie Américaine pour l’Avancement de la Science, Hal Puthoff et Russel Targ y firent accessoirement allusion en notant qu’il existait de « faibles perturbations observables des équipements au cours des séances de RV ».

    - Au début des années 1980 on étudia les possibles connexions entre la RV et l’état du champ magnétique terrestre. Cette recherche débuta après la lecture, par Hal Puthoff, d’un article de Michael Persinger, de l’Université Laurentian (Ontario). Soupçonnant que le psi est au moins véhiculé par les rayonnements électromagnétiques ELF, il avait réuni les données de centaines de témoignages ou de rapports d’expériences PES spontanées, en essayant de découvrir des corrélations entre ces données et plusieurs autres variables connues pour fluctuer d’un jour à l’autre.

    « Il déboucha sur une corrélation relative, montrant que les expériences PES avaient tendance à survenir plus souvent les jours d’activité magnétique faible ou quasi inexistante. A contrario cela laissait entendre que les tempêtes magnétiques intenses pouvaient d’une certaine manière interférer avec le psi. » (Jim Schnabel)

    La découverte de Michael Persinger semblait soutenir la théorie des ‘‘extrêmement basses fréquences’’, dès lors que les ‘‘parasites’’ magnétiques de niveau ELF dans l’atmosphère rendaient naturellement plus difficile pour le cerveau d’un "visualiseur" de détecter et donc de récupérer les signaux ELF de type psi. Ce serait « comme essayer d’écouter une station de radio grandes ondes faibles pendant un orage ». Hal Puthoff et ceux qui s’opposaient à la théorie des ELF estimaient que les parasites magnétiques pouvaient interférer avec le psi d’une autre manière, peut-être en provoquant des changements subtils dans les cerveaux des "visualiseurs", « en rendant plus difficile pour eux l’accès à leurs fonctions psi et peut-être également à des fonctions plus prosaïques ».

    Hal Puthoff construisit son propre mesureur du champ géomagnétique, avec l’aide de Marcia Adams, chercheuse de l’Université de Stanford, laquelle avait conçu des récepteurs basses fréquences pour l’armée. Les arbres semblant être d’excellentes antennes ELF, Hal Puthoff et Marcia Adams accrochèrent un petit amplificateur de signaux ELF à un grand chêne devant leur bâtiment du SRI, puis ils connectèrent la sortie du récepteur à un ordinateur qui produisait une valeur de champ ELF toutes les minutes. Ils découvrirent, comme Michael Persinger, une corrélation entre l’activité géomagnétique basse, dans la gamme des ELF, et la réussite des expériences psi. Hal Puthoff considéra que cette corrélation était trop infime pour que l’on s’en préoccupe. Et ni les pluies de protons, ni les rayons X, ni les orages géomagnétiques n’empêchaient les médiums du SRI d’accomplir leurs périples à travers le temps et l’espace.

    - En 1982 Hal Puthoff entendit parler d’une étrange expérience chinoise :

    « Elle se déroulait de la manière suivante : une série de caractères chinois tracés sur du papier de riz était placée au sommet d’une bande de film hautement sensible. Des détecteurs " électro-optiques" étaient aussi dirigés vers les caractères et le film, pour pouvoir déceler indépendamment toute apparition de lueur. Tout le dispositif était scellé à l’intérieur d’une boîte noire hermétique, empêchant le passage de toute lumière. Puis on demandait à un médium (ou un ‘‘sujet FBHE’’, pour utiliser la terminologie chinoise pour le psi, ‘‘Fonction biologique humaine extraordinaire’’) de visualiser à distance les caractères sur le papier de riz à l’intérieur de la boîte. Quand le sujet psi commença de visualiser, affirmèrent les chercheurs chinois, les détecteurs dans la boîte se mirent à enregistrer des impulsions lumineuses substantielles à des fréquences visibles et infrarouges, tandis que le film sensible, quand il fut récupéré et développé, avait été exposé à la forme des caractères chinois… mais seulement pour les caractères que le médium avait correctement visualisé ! » (Jim Schnabel)

    Au cours des premières expériences psi effectuées au SRI, Hal Puthoff avait demandé à Ingo Swann d’affecter la puissance du magnétomètre de Stanford. Le médium semblait y parvenir seulement quand il essayait de visualiser l’intérieur de l’appareil. Puis il y avait eu les pannes des ordinateurs pendant les séances de Joe McMoneagle. En utilisant des procédures de double aveugle Hal Puthoff et ses collègues placèrent des diapositives de sites/cibles choisies au hasard devant un tube photomultiplicateur sensible. Puis il demanda à des "visualiseurs" d’essayer de voir les sites depuis une autre salle.

    « En calculant la précision et la fiabilité des séances de RV, ils s’efforcèrent de trouver des corrélations entre celles-ci et les impulsions lumineuses enregistrées par le photomultiplicateur. Et ils découvrirent une corrélation significative, mais malheureusement elle était beaucoup plus faible que celle des Chinois. » (Jim Schnabel)

    Ils notèrent en outre que le photomultiplicateur enregistrait sans arrêt des impulsions éphémères, nonobstant le fait que le "visualiseur" soit en train d’opérer ou non. En somme les résultats ne semblaient pas justifier de nouvelles expérimentations de ce côté.

    Le principal problème de la RV – et le problème principal de toutes les formes de PES – est le rapport signal/parasite. Le « signal » - autrement dit l’information liée à la cible précise – « était trop éparpillé, trop faible, et trop inconsistant ». Quant au « parasite » - c’est-à-dire l’imagination et tout ce qui n’est pas relié à la cible -, il était trop important. A Fort Meade les "visualiseurs" considéraient que les séances de calibrage étaient sans intérêt, notamment à cause des grandes variations de précision qui semblaient intervenir d’une cible à l’autre, et à cause de la fatigue handicapante qu’une séance de calibrage ‘‘pré-opérationnelle’’ pouvait susciter…

    Il fallait soit augmenter le signal psi, soit diminuer le parasitage. On pouvait par exemple lancer plusieurs "visualiseurs" sur la même cible, jusqu’à ce que la consistance de leurs données (vraisemblablement le signal) dépassât clairement les « parasites » inconsistants. On pouvait aussi essayer de toucher directement le signal en faisant descendre le "visualiseur" dans un état modifié de conscience beaucoup plus profond « ou en utilisant des dessins ‘‘autonomes’’ des cibles produits par le subconscient, plutôt que des rapports verbaux ».

    Des rapports anecdotiques suggéraient un meilleur fonctionnement des PES quand la cible était vivante et traversait au même moment quelque événement stressant et spectaculaire. Certaines techniques se concentraient sur la réduction des parasites, par exemple le rituel de visualisation que la plupart des "visualiseurs" de Fort Meade utilisaient, en imaginant qu’ils enfermaient toutes leurs préoccupations dans une valise. Les Soviétiques ont apparemment utilisé des drogues et d’autres techniques de modification d’état de conscience afin d’apaiser les activités "non-psi" du cerveau.

     

    - "Mental Radio", parasitage et interférence analytique :

    L’épouse d'Hal Puthoff avait noté que les données les plus complexes et les plus analytiques étaient le plus souvent simplement fausses. Les utilisateurs des données de "visualiseurs", comme Norm Everheart de la CIA, avaient déjà appris à considérer avec beaucoup de scepticisme les autoanalyses que les "visualiseurs" faisaient de leurs propres données. Dans les années 1920 Upton Sinclair avait mené des expériences avec son épouse (Mary Craig Sinclair) et d’autres médiums apparemment doués. Dans son livre "Mental Radio" Upton Sinclair disait de son épouse qu’elle faisait fréquemment un bon dessin d’un objet, mais qu’elle le nommait mal. Il tira comme cible, au hasard, une houe, et elle écrivit qu’il s’agissait peut-être des ciseaux, peut-être des lunettes avec de longues tiges. Lorsque la cible fut constituée de bois de rennes, elle les appela « feuilles de houx ». Les rennes et le houx étaient tous les deux associés aux Noël de l’enfance de Craig.

    L’épouse d'Hal Puthoff savait que le cortex gauche du cerveau tendait à se spécialiser en données verbales, mathématiques et analytiques, et il lui semblait clair que la RV impliquait fondamentalement d’autres parties plus primitives du cerveau, comme celles qui se spécialisent dans les données visuelles, spatiales et sensorielles. Les neuroscientifiques et les psychologues qu’Hal Puthoff consulta à propos du programme de RV soutinrent cette observation. Pour eux une incapacité permanente à reconnaître les données alphanumériques et à mettre des noms précis sur des dessins (corrects) était une caractéristique typique des patients ayant subi des dommages du cerveau gauche, c’est-à-dire ceux qui étaient forcés, comme les "visualiseurs", d’utiliser d’autres parties de leur cerveau. Les "visualiseurs", comme les patients au cerveau gauche endommagé, avaient aussi tendance à avoir des problèmes avec la « droite » et la « gauche », les dessins et diagrammes qu’ils dessinaient étant parfois des images miroirs des cibles exactes.

    « Mais il y avait encore un autre aspect derrière tout cela. Quand un RV désignait une cible de manière erronée - par exemple en parlant de ‘‘houx’’ à la place de ‘‘bois de cervidés’’ -, l’erreur avait souvent quand même une sorte de sens. Le ‘‘houx’’ et les ‘‘bois’’‘ étaient tous les deux liés non seulement par leur forme d’arbre – leur Gestalt, comme Swann l’appelait –, mais aussi par leur connexion conceptuelle avec Noël. » (Jim Schnabel)

    C’était comme si les données psi jaillissant de quelque part dans le cerveau du "visualiseur" « étaient si sommaires que seules les perceptions et associations les plus basiques pouvaient en être extraites ». Ainsi le cerveau de Mary Craig Sinclair, s’efforçant d’accorder des données incomplètes (une forme d’arbre, un rapport avec Noël) à des objets ou images stockés dans sa mémoire, avait sorti « houx », ce qui était proche de la cible, mais pas suffisant. Ingo Swann nota qu’il semble raisonnable de penser « que nous avons affaire à des sortes de fonctions analytiques automatiques », celles-ci étant, hypothétiquement, « la source des réponses diluées ou erronées ». En d’autres termes les associations générées par le cerveau dans sa tentative de donner du sens aux informations de RV constituaient une partie, si ce n’est tout, du « parasitage ». Ingo Swann baptisa ce parasitage : « interférence analytique », et il chercha des moyens de l’identifier dans les séances de RV.

    « Il entendait structurer les séances de RV de manière à ce que l’on ignore l’essentiel des informations analytiques au départ, c’est-à-dire au moment où elles avaient le plus de chances d’être erronées, pour les prendre en compte ultérieurement quand elles risquaient davantage d’être exactes. En d’autres termes il voulait enseigner au cerveau la bonne manière de faire fonctionner le psi. » (Jim Schnabel)

    Lors d’un colloque de parapsychologie Hal Puthoff écouta Serena Roney-Dougal, une jeune diplômée britannique, dont le directeur de thèse était Norman Dixon, un psychologue renommé qui venait de publier un livre sur la perception subliminale (laquelle intervient sous le seuil de la conscience). Dans sa conférence Serena Roney-Dougal développa l’idée selon laquelle la PES était un peu comme une perception subliminale. Pour Hal Puthoff il s’agissait là d’une idée majeure. Hal Puthoff et Ingo Swann montrèrent quelques-unes de leurs données de RV à Norman Dixon. Ce dernier fut si impressionné par le lien apparent entre la RV et la perception subliminale qu’il écrivit un court article sur le sujet pour un journal de parapsychologie, article que, bien sûr, ses collègues psychologues ignorèrent totalement.

     

    10. La technique de RV d'Ingo Swann :

    « En 1980 Swann avait déjà commencé à développer une nouvelle technique de RV qui pourrait isoler le signal psi de l’interférence analytique parasite. Son idée maîtresse était la suivante : il avait remarqué que lorsque le parasitage analytique apparaissait au cours d’une séance de RV, les données se présentaient presque toujours sous la forme ‘‘comme un…’’, ‘‘il semble être un…’’ ou ‘‘il me rappelle un…’’. Tous ces qualificatifs, et particulièrement le comparatif ‘‘comme’’, devinrent pour Swann un signal indiquant que le parasitage analytique allait suivre. Au cours de ses propres séances il se mit à cataloguer ces informations comme ‘‘AOL’’, ce qui signifiait qu’il posait immédiatement son stylo et qu’il s’efforçait de se sortir de la tête les données probablement erronées. Plus tard, en analysant la séance, les données étiquetées ‘‘AOL’’ – si elles étaient intervenues relativement tôt au cours de la séance – seraient ignorées ou traitées comme des informations ayant, au mieux, une sorte d’association ténue de niveau Gestalt avec la cible.

    Mais si la donnée AOL intervenait relativement tard au cours de la séance, Swann n’était pas forcément en mesure de l’écarter aussi facilement. Il croyait que les données AOL, si les choses se déroulaient correctement, tendaient à converger sur la cible à mesure que la séance avançait tranquillement, de même que plus une personne est exposée à un stimulus subliminal, plus son analyse de celui-ci sera claire.

    Si la cible était, disons, les grandes pyramides d’Egypte, des AOL initiaux comme ‘‘gratte-ciel’’ ne seraient d’aucune aide. Mais les AOL qui arrivaient un peu plus tard, estimait Swann, avaient tendance à être plus utiles : ‘‘comme une tombe’’, ‘‘comme une tente’’, ‘‘me rappelle le Nil’’. » (Jim Schnabel)

    Pour Ingo Swann il devint clair que les "visualiseurs" devaient différer à la fin de la séance les données de type AOL les plus riches en informations, pour ne conserver au début que les données les plus brutes et les plus basiques.

    Ingo Swann parla du signal psi comme d’un flux d’information passant par une « ouverture ». Au début de la séance cette ouverture était minuscule et le flux n’était qu’un filet. Mais à mesure que la séance avançait l’ouverture s’élargissait et le filet se transformait en véritable flot. La visualisation à distance avait donc une structure naturelle.

    Le livre du peintre et critique Rudolf Arnheim, « Art and Visual Perception », fut certainement la source première de ce qu'Ingo Swann devait appeler l’Etape 1 de son système de visualisation à distance.

    « Dans le livre Arnheim traitait de la perception subliminale et d’autres formes de perception à faible stimulus. Il indiquait que pour une image juste entraperçue, seuls les traits les plus essentiels étaient perçus correctement. En d’autres termes seule la Gestalt visuelle était perceptible. Tout le reste n’était que le produit de l’imagination.

    Swann avait déterminé que ce qui fonctionnait pour la perception subliminale ordinaire devait fonctionner pour la visualisation à distance. Il décida donc que la capture visuelle de la Gestalt d’une cible de RV donnée devait être le but de l’Etape 1. » (Jim Schnabel)

    Ingo Swann voulut concevoir une méthode pour y parvenir, et pour ce faire il s’inspira de la description que Rudolf Arnheim donnait du processus permettant aux individus de voir les choses. En observant ses propres séances de RV et celles des autres, Ingo Swann estima que le type d’information dont parlait Rudolf Arnheim était accessible au "visualiseur" au début de la séance, cette information étant disponible sous une forme autonome et kinesthésique. Ingo Swann sentait sa main faire des mouvements pour décrire les caractéristiques basiques de la cible, exactement comme ses yeux auraient balayé la cible du regard s’il l’avait contemplée dans la vie réelle.

    « La main de Swann semblait vouloir dessiner l’information automatiquement. Dans certains cas, comme Hal Puthoff le lui signala, Swann agitait même son stylo au-dessus du papier, comme s’il griffonnait dans l’air.

    En étudiant ces croquis préliminaires – qui généralement ne prenaient qu’une seconde ou deux – Swann décida qu’ils contenaient souvent les éléments basiques visuels et kinesthésiques des cibles. Si la cible était une montagne le dessin préliminaire ressemblait souvent à un V inversé. Si la cible était un endroit dans le désert le croquis avait tendance à ne consister qu’en lignes plates. Si c’était un immeuble le dessin pouvait contenir des angles droits, ce qui intervenait quasi exclusivement pour des choses créées par l’Homme.

    Alors que sa main formait rapidement ces images, Swann essayait aussi de sentir les caractéristiques basiques kinesthésiques de la cible, sa texture, ses hauts et ses bas, sa dureté ou sa douceur. Il appelait les images ‘‘idéogrammes’’ et les descriptions ‘‘texturalokinesthésiques’’ ‘‘élans sensoriels’’.

    Swann reprenait simplement, naturellement, l’idée d’Arnheim sur la perception visuelle et la calquait sur la RV, en essayant de faire en sorte que cela fonctionne. Mais il était convaincu que cela fonctionnait et il parvint à en convaincre Puthoff et les autres du SRI. » (Jim Schnabel)

    Dès qu’un "visualiseur" sous la tutelle d'Ingo Swann inscrivait les coordonnées du site/cible, en fait avant même qu’il ait relevé son stylo du papier, le "visualiseur" laissait sa main faire une esquisse rapide nourrie par les sensations kinesthésiques qui s’immisçaient dans son système nerveux, avant d’exprimer verbalement ses « élans sensoriels » et, peut-être déjà, une interprétation de ce que pouvait être la Gestalt de la cible. Si la cible était un point perdu dans l’océan, idéalement le "visualiseur" « allait rapidement dessiner une ligne presque plate et légèrement ondulée, en exprimant simultanément sa sensation de douce ondulation ». Alors il allait écrire les mots « doux », « ondulé », et son interprétation serait : « de l’eau ». Ingo Swann voyait cette manifestation de perception psi structurée de quelques secondes comme la clé d’une RV réussie.

    Ingo Swann pratiqua avec les idéogrammes pendant de nombreux mois.

    « Quand il commençait une séance et qu’il pensait que son idéogramme était incorrect, voire qu’il n’y avait pas d’idéogramme du tout, il annonçait simplement : ‘‘échec’’. Alors il marquait une pause de plusieurs secondes. Puis il réécrivait les coordonnées en donnant une seconde chance au jaillissement kinesthésique de la ligne de signal de se répandre à travers son bras, puis sur le papier. Cela pouvait durer plusieurs minutes, jusqu’à ce que ses idéogrammes commencent à donner une forme consistante. Dès que c’était fait et qu’il identifiait leur signification il passait souvent à quelque chose de très différent en décrivant un nouvel aspect de la cible – comme s’il voulait dire ‘‘il est temps de passer à autre chose’’. Swann lui-même exprimait oralement ses pensées pendant les séances, déclamant tous les mots qu’il écrivait et écrivant tout ce qu’il disait. Il croyait que cela permettait aux deux moitiés de son cerveau, via ses oreilles et ses yeux, de rester parfaitement en prise avec ce qui se passait. » (Jim Schnabel)

    Les idéogrammes et leur interprétation formaient l’Etape 1. Ingo Swann découvrit que dès qu’il s’était débarrassé de l’idéogramme « les perceptions sensorielles basiques commençaient à surgir sur son seuil liminal pour pénétrer dans sa conscience : ‘‘dur’’, ‘gris’’, ‘‘grondement’’, ‘‘blanc’’, ‘‘raide’’, ‘‘mouvement’’, ‘‘odeur d’eau’’. »

    « Si une image ou un mot un peu plus complexe, comme ‘‘fontaine’’, survenait, il allait s’exclamer ‘‘pause AOL, fontaine’’. Puis il écrivait sur sa feuille de papier ‘‘AOL brk’’ et en dessous ‘‘fontaine’’. Alors il posait son stylo et marquait une pause de quelques secondes pour essayer de vider son esprit des informations parasites.

    Après une série de perceptions au cours de cette Etape 2, Swann commençait souvent à verbaliser certaines sensations esthétiques, comme ‘‘stupéfiant’’ ou ‘‘à couper le souffle’’. Comme ces sensations surgissaient parfois dans sa conscience assez puissamment, en générant leurs propres associations AOL, Swann apprit à faire également de rapides pauses dès qu’intervenait ce qu’il appelait des ‘‘impacts esthétiques’’ (en abrégé AI, pour ‘‘aesthetic impact’’), et il notait sur sa feuille ‘‘AI brk’’.

    Dans le système de Swann les ‘‘impacts émotionnels’’ (EI, pour ‘‘emotional impacts’’) étaient reliés aux AI, tout en étant subtilement différents. Il pouvait s’agir d’émotions que d’autres présents sur le site ressentaient ou auraient dû normalement ressentir pendant qu’ils se trouvaient là. Alors il notait sur sa feuille de papier quelque chose comme ‘‘EI brk, routine – Je me sens las’’. » (Jim Schnabel)

    Après une minute environ d’Etape 2 les données passaient souvent à ce qu'Ingo Swann appelait les « dimensionnels » : des perceptions comme « grand », « étendu », « épais », « lourd »… Il définit ceux-ci comme la transition vers l’Etape 3.

    « A ce stade le visualiseur ressentait souvent le désir pressant de réaliser de relativement grands dessins rudimentaires. Leur signification n’était peut-être pas claire immédiatement – voire elle ne devait jamais l’être -, mais à mesure qu’ils se développaient, parfois sur des pages et des pages, ils pouvaient commencer à laisser transparaître quelque chose de la cible. Par exemple, si cette dernière était un barrage hydroélectrique, Swann pouvait dessiner plusieurs lignes formant une pente raide sur la page, tandis qu’un trait horizontal les reliait au sommet et qu’une ligne incurvée se trouvait à la base.

    A ce moment les AOL deviennent plus fréquents puisque l’esprit essaye automatiquement d’identifier ce que représente le dessin. Swann pouvait se retrouver à noter toute une litanie de ‘‘pauses AOL’’ (AOL breaks) - ‘‘AOL brk, mur’’, ‘‘AOL brk, pente de montagne’’… - et à rejeter ces informations comme étant de probables parasites. » (Jim Schnabel)

    Pendant longtemps Ingo Swann ne put pas développer sa technique de RV au-delà de l’Etape 3. Il manquait une Etape 4 permettant d’obtenir des informations plus complexes et sans parasite concernant la cible et notamment sa fonction ou son but.

    « Après plus d’un an de bricolage et d’expérimentation Swann décida tout simplement d’écrire une série de rubriques d’ordre général en haut d’une feuille de papier vierge, en allant de gauche à droite. Il plaçait son stylo sous chaque colonne et le glissait vers l’information désirée. Les rubriques choisies reprenaient les informations habituelles des étapes précédentes : perceptions sensorielles de l’Etape 2, AI, EI et AOL. Mais Swann ajoutait également les rubriques ‘‘tangibles’’ et ‘‘intangibles’’. Sous ‘‘tangibles’’ (des choses comme ‘‘béton’’, ‘‘acier’’, ‘‘machines’’, ‘‘câbles’’, ‘‘énergie’’…) on trouvait des objets matériels, relativement physiques. Sous ‘‘intangibles’’ (‘‘public’’, ‘‘pratique’’, ‘‘nécessaire’’…) on avait des concepts ou des fonctions associés. Les deux catégories pouvaient recueillir des notions relativement parasites, mais Swann pensait qu’à ce point de la séance de RV la conscience subliminale avait déjà été en contact avec le signal de manière intermittente au cours des trois premières étapes et pendant au moins plusieurs minutes. Ainsi il avait pu rassembler des informations analytiques beaucoup plus précises qu’au début.

    Et pendant ce temps Swann continuait de déplacer son stylo de long en large sur la page, d’exprimer oralement les sensations qui lui venaient, et d’écrire. Et, de temps en temps, le médium ressentait l’envie de faire un nouveau dessin. Ensuite il revenait vers ses feuilles de papier pour commencer une nouvelle matrice ou achever l’ancienne. Et au bout du compte, si tout se passait bien, les derniers fragments d’informations verbales et graphiques tombaient et Swann pouvait faire un ‘‘dessin analytique’’ ultime qui assemblait tous les éléments majeurs de la cible et permettait de l’identifier. » (Jim Schnabel)

    On trouve, dans le livre de Jim Schnabel, un exemple, avec dessins à l’appui, de séance RV par les coordonnées, avec ses quatre étapes, la cible étant un centre de commutation téléphonique (correctement identifié) de Manhattan.

    Ingo Swann mit au point des méthodes de recherches de détails pour des objets spécifiques sur le site/cible, qu’il allait explorer dans l’Etape 5. Au cours de l’Etape 6 Ingo Swann passait à des représentations tridimensionnelles de l’objet. Il construisait un objet d’argile et notait de nouvelles idées sur une « Matrice Etape 6 ». Dans l’Etape 7 il tentait d’exhumer le nom réel du site, et pour cela il prenait une profonde inspiration puis murmurait de brefs « phonèmes » jusqu’à ce qu’il commence à faire le point sur le nom : « vah », « huh », « dah », « huh », « vah », « dah », « muh »… « Hoover Dam » (le « barrage Hoover »). Un ou deux de ses étudiants semblai(en)t exceller à ce petit jeu. Mais Ingo Swann renonça finalement à utiliser lui-même cette technique de phonèmes car il l’estimait trop encline au parasitage. On notera que Joe McMoneagle fut probablement le meilleur pour récupérer les noms des sites, mais cela survenait généralement de manière spontanée et il n’apprit jamais la technique d'Ingo Swann.

    - Ingo Swann découvrit aussi des pièges intéressants menaçant les "visualiseurs", auxquels il ne put s’empêcher de donner des noms. Il y avait ainsi le « conducteur d’AOL » ("AOL drive") qui intervenait quand un AOL était si puissant que le "visualiseur" ne pouvait le sortir de sa tête et qu’il « coiffait » ou « véhiculait » alors tout le reste des données de la séance. Pour éviter le conducteur d’AOL le "visualiseur" devait arrêter la séance pendant un jour ou deux, voire définitivement.

    Il y avait aussi la « roue du paon » ("peacocking") qui survenait quand un AOL en entraînait un autre dans une « spirale colorée » qui éloignait de plus en plus le "visualiseur" de la cible. Il y a également l’« épuisement » ("burnout") et le « surmenage » ("overtraining"), qui venaient d’un excès de visualisation à distance. La « pause pour cause de trop-plein » ("too much break") se produisait quand les "visualiseurs" étaient submergés par un afflux de données au cours d’une séance, et la « pause pour cause de confusion » ("confusion break") intervenait quand les "visualiseurs" sentaient que les données arrivaient, mais qu’apparemment elles ne pouvaient les emmener vers l’objectif.

    - Il y avait aussi le phénomène de l’« interférence télépathique ». Parfois le "visualiseur" reproduisait au cours de sa propre séance des données erronées que d’autres "visualiseurs" avaient déjà manifestées, ou des informations qui se trouvaient dans l’esprit du moniteur. Il n’y avait apparemment pas grand-chose à faire pour la neutraliser, si ce n’est éviter d’informer les moniteurs sur les cibles au cours des séances opérationnelles. L’existence de cette interférence signifiait que deux séances de RV par deux "visualiseurs" n’étaient peut-être pas aussi « indépendantes » qu’on aurait pu le supposer. Le phénomène de la « visualisation à distance de votre feedback » ("remote viewing your feedback") était lié à l’interférence télépathique. Au cours de celle-ci le "visualiseur", au lieu de visualiser la cible réelle désignée par les coordonnées, réceptionnait l’image ou le feed-back de la photographie contenue dans l’enveloppe/cible. Il parvenait à la reproduire précisément, même si elle contenait des éléments qui ne se trouvaient plus sur le site même de l’objectif.

    Si ces phénomènes pouvaient être très destructeurs Ingo Swann et Harold Puthoff étaient néanmoins satisfaits qu’ils n’interviennent que très occasionnellement, surtout avec les "visualiseurs" expérimentés.

    Au début des années 1980 la nouvelle technique d'Ingo Swann suscitait un vif intérêt auprès des clients de GRILL FLAME à Washington. Et simultanément, au SRI, Harold Puthoff et les autres commençaient à employer la nouvelle terminologie « swanienne »…

    Une bonne partie des principes du système de RV d'Ingo Swann avait été identifiée par d’autres chercheurs psi. Upton Sinclair avait noté l’existence de ce qu'Ingo Swann appelait des « interférences analytiques », ainsi que celle des interférences télépathiques. Il écrivit que les dessins de son épouse contenaient parfois des choses qui ne se trouvaient pas dans les dessins de l’objectif, mais qui se trouvaient par contre dans l’esprit d’Upton Sinclair au moment où il les réalisait ou quand son épouse se « concentrait ». En outre, vers 1982, Hal Puthoff tomba sur une traduction ancienne d’un livre de René Warcollier, cet ouvrage étant pour l’essentiel une version publiée d’une conférence que René Warcollier avait faite à la Sorbonne au cours de l’été 1946. Hal Puthoff fut fasciné de découvrir que le Français, encore plus qu'Upton Sinclair, avait anticipé les observations d'Ingo Swann sur la RV.

    Ingénieur chimiste d’origine, René Warcollier avait fait fortune au début du vingtième siècle grâce à l’invention d’un processus chimique qui permettait de transformer les écailles de poissons en bijoux artificiels. Vers 1909 il commença à faire des expériences de télépathie. Hal Puthoff envoya le livre de René Warcollier à Ingo Swann, avec une lettre dans laquelle il précisa à ce dernier que René Warcollier traitait de tout ce qu'Ingo Swann avait découvert : les interférences analytiques (appelées « élaborations secondaires »), les interférences télépathiques (appelées « contagions mentales »), la perception plus aisée (que les images statiques) des éléments dynamiques ou kinesthésiques, le caractère plus fiable du dessin (comparé aux mots), les données télépathiques étant traitées à un niveau d’organisation "pré-linguistique", etc. Et René Warcollier rattachait le tout aux bases de ce que les psychologues perceptuels savent des commencements de la perception ordinaire chez l’enfant et les primitifs.

    Au début des années 1980 Ingo Swann commença à former d’autres "visualiseurs" à sa technique en développement, afin d’acquérir de nouvelles idées sur le fonctionnement de la RV et d’établir la faisabilité d’un programme de formation formel qui pourrait être vendu à des responsables de GRILL FLAME au sein de la DIA et de l’armée.

    « Sous la direction de Swann des photos et des descriptions de cibles-tests, conçues pour permettre un large champ de perceptions psi, furent découpées dans de vieux exemplaires du "National Geographic" par Martha Thompson, la jeune secrétaire du labo de RV. Elle trouvait les coordonnées géographiques des cibles sur un atlas ou sur des cartes plus précises fournies par le Pentagone. Pour chaque cible elle préparait une chemise kraft avec une courte description manuscrite de la cible sur l’étiquette et les coordonnées écrites en grosses lettres sur le côté. Le visualiseur commençait avec les coordonnées, puis, après la fin de la séance, il pouvait regarder la photo de la cible à l’intérieur de la chemise.

    En tout il y eut environ une douzaine de volontaires formés par Swann au SRI de 1980 à 1982. La plupart étaient des employés du SRI qui, autrement, travaillaient sur des projets qui n’avaient pas de rapport avec le psi. Quelques-uns étaient des amis de Swann, engagés temporairement par le SRI. » (Jim Schnabel)

    L’informaticien et ufologue Jacques Vallée fut l’un de ces stagiaires. Il participa à des séances collectives de RV avec des utilisateurs de réseaux informatiques, bien qu’il semblât éprouver des difficultés avec le système d'Ingo Swann. Hal Puthoff lui-même compta, au moins brièvement, au nombre des stagiaires. Il se révéla un raisonnablement bon "visualiseur". Une des cibles d’entraînement sur lesquelles il travailla était une cascade au Brésil. Il la dessina et la décrivit très correctement, et il se montra très sensible aux senteurs humides des Tropiques. Une autre cible fut une usine chimique de la firme "Union Carbide". Hal Puthoff sentit la fumée, les cheminées et les flammes, il huma les odeurs chimiques âcres, et il sortit l’AOL « raffinerie de pétrole ».

    Parmi les autres stagiaires il y eut Gary Langford et Hella Hammid. En mai 1980 Ingo Swann leur communiqua les coordonnées du mont Sainte-Hélène, un volcan en éruption qui présentait « une déroutante juxtaposition sensorielle de feu et de glace ». Une autre fois un stagiaire travailla sur un site qui lui semblait désolé, froid et dangereux. « Des gens viennent ici et en repartent », nota-t-il sur sa feuille de papier. Les coordonnées fournies correspondaient à la mer de la Tranquillité, le site lunaire où les astronautes d’Apollo XI s’étaient posés. Comme le mont Sainte-Hélène c’était un bon site d’Etape 2, comme Ingo Swann aimait le dire, parce que ses associations sensorielles basiques étaient intenses et spectaculaires. Les sites d’Etape 3 étaient ceux qui avaient des caractéristiques évidentes et distinctes qui pouvaient facilement être dessinées, comme le monument Washington, haut et élancé, ou le Taj Mahal avec son dôme. Les sites d’Etape 4 étaient ceux qui avaient une fonction clairement définie, autrement dit qui allaient venir se placer directement dans la colonne « Intangibles », comme « puissance électrique ». Et puis il y avait les sites d’Etape 1. Ingo Swann raconta l’histoire d’une cible qu’il avait confiée à Hella Hammid, les coordonnées de cette cible désignant un précipice au-dessus de la passe de Khaybar, entre l’Afghanistan et le Pakistan. Les caractéristiques kinesthésiques du site étaient apparemment si fortes que la main d’Hella Hammid, en formant l’idéogramme initial, descendit brutalement, sortit du papier et même de la table. (8)

    Alain Moreau

     

    http://www.mondenouveau.fr


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    VISION A DISTANCE ET ESPIONNAGE EXTRASENSORIEL

     

     

    PARTIE I

     

    Le 31 janvier 2012, on a vu dans le journal télévisé de France 2, vers 20 heures 30, un reportage sur l'utilisation et le développement de l'intuition. On y a montré notamment un stage de "remote viewing" ou vision à distance, avec Alexis Champion. Deux journalistes ayant tenté l'expérience, l'une d'elles a perçu des éléments descriptifs qui correspondaient fort bien à la nature de la photo qui se trouvait dans une enveloppe, cette photo représentant la galerie des glaces du château de Versailles. Malheureusement, et comme il sied aux reportages télévisés évoquant le "paranormal", on a aussi donné la parole au rationaliste de service, en l'occurrence ici un psychiatre, lequel a mis en avant une explication simpliste ayant pour objet d'évacuer tout caractère probant à ces perceptions, tout en affirmant au passage qu'il n'y a pas d'études scientifiques validant ce phénomène. Cette dernière affirmation est pourtant fausse, dans la mesure où le "remote viewing" a bien fait l'objet d'études depuis le début des années 1970, comme je le développe dans plusieurs pages consacrées à ce sujet. En outre, ce psychiatre est totalement inconnu dans le domaine du "remote viewing". Les journalistes sont manifestement allés chercher le premier "scientifique" qu'ils avaient "sous le coude" pour apporter la contradiction rationaliste (mais pas rationnelle) au sujet traité...

    Par ailleurs, en mai 2012, j'ai vu Mac Lessgy - le "binoclard" du magazine E = M6 - présenter un reportage sur les personnes handicapées qui peuvent interagir, via leurs pensées, avec un appareil. Son introduction du sujet était celle-ci : "Il ne s'agit pas de télépathie ou de paranormal, c'est sérieux." Il ne faut évidemment pas s'étonner que ce type d'individu fasse (parmi beaucoup d'autres) ce type de commentaire déniant tout caractère sérieux à la télépathie et au "paranormal". Un scientiste parmi beaucoup d'autres...

     

     

    Ce texte est relatif à ce que l’on appelle, en parapsychologie, la vision à distance, une forme de clairvoyance permettant de décrire ce qui se passe dans des lieux éloignés. Je consacre, à ce sujet, plusieurs pages du site.

    Les éditions du Rocher ont publié, en 2005, un livre de Jim Schnabel paru aux Etats-Unis en 1997 : « Espions Psi ». Cet ouvrage est consacré à l’histoire de l’espionnage militaire extrasensoriel américain. Il s’agit du livre de référence indispensable pour toute personne intéressée par ce sujet. Le livre est préfacé par Patrick Drouot, un auteur bien connu en France pour son exploration des états modifiés de conscience et des thérapies « vibratoires » (avec ‘‘lecture’’ des corps énergétiques). Il a notamment procédé à des recherches sur les « vécus antérieurs » (accès aux mémoires de vies antérieures) de nombreuses personnes.

    Sur le plan hisorique, on peut noter que les Israélites de l’Ancien Testament auraient utilisé militairement les dons de l’un de leurs prophètes, Elisée. Les Grecs avaient leurs oracles, et l’espion élisabéthain John Dee consultait des médiums et questionnait des « anges », voyant tout à travers sa boule de cristal. (1)

     

    I. GONDOLA WISH et GRILL FLAME :

    Dans son livre, Jim Schnabel a détaillé l’implication de divers personnages dans les recherches sur la vision à distance.

    Mel Riley fut muté, en 1976, à Fort Meade (Maryland), et Skip Atwater, un officier sorti de l’école d’espionnage de Fort Huachuca (Arizona), arriva à Fort Meade au cours de l’été 1977. Skip Atwater hérita du bureau du colonel Kowalski, les deux hommes s’intéressant fortement aux phénomènes psi. Et la mère de Skip Atwater croyait fortement dans le paranormal et le « surnaturel ». Au cours de son adolescence, il avait semblé être capable de sortir de son corps, et au début de sa carrière militaire il avait entendu parler des recherchespsi faites dans les pays de l’Est, dont l’Union Soviétique. Il apprit aussi que la recherche psi de la CIA avait été entreprise dès 1972, au Stanford Research Institute (SRI), Menlo Park (Californie). Les chercheurs du SRI s’étaient concentrés sur la clairvoyance à des fins d’espionnage : la « vision à distance » (‘‘Remote Viewing’’ ou RV). Skip Atwater proposa au colonel Robert Keenan qu’une petite équipe de RV soit réunie, ses membres pouvant être recrutés parmi le personnel du renseignement militaire.

    Le projet de Skip Atwater reçut initialement le nom de code : GONDOLA WISH.Skip Atwater et le major Scotty Watt sélectionnèrent les candidats, parmi lesquels figuraient Mel Riley et Joe McMoneagle. Le groupe qu’ils sélectionnèrent était composé en grande partie de ‘‘photo-interprètes’’. L’un des individus sélectionnés avait, en 1975, expérimenté une sortie hors du corps au cours de laquelle il avait rencontré une sorte d’entité lumineuse, aimante et bienveillante, qui l’avait bouleversé.

    La première séance de RV fut réalisée par Mel Riley : une « RV mobile » au cours de laquelle un expérimentateur « mobile » (ici : Scotty Watt) se dirigeait vers un site choisi au hasard. Le « visualisateur à distance » devait décrire l’environnement du sujet mobile en faisant des croquis spontanés et en verbalisant les impressions venant à la conscience. Mel Riley identifia certains éléments de la cible, mais pas très précisément. Les six membres les plus prometteurs de l’équipe se rendirent sur le campus du SRI (Melo Park, Californie) pour des expériences de RV mobiles.

    Un jour, on demanda à Mel Riley de « cibler » Scotty Watt. Mel Riley eut un goût de chocolat en bouche et il vit un bocal de verre plein de pièces de monnaie. Puis il sentit une route et un groupe de voitures. Scotty Watt emmena Skip Atwater et Mel Riley sur le site/cible, une concession Volkswagen, le long d’une grande route à quelques kilomètres de Fort Meade. Au début de la séance, Scotty Watt s’était trouvé dans une supérette où il avait acheté et mangé une barre de chocolat, un bocal plein d’argent se trouvant sur le comptoir près de la caisse.

    Skip Atwater essaya de gagner la loterie du Maryland, mais les ‘‘visualiseurs’’ échouèrent. Mel Riley et Joe McMoneagle ne purent non plus découvrir un trésor qui aurait été enterré quelque part en Virginie.

    Le major général Thomson essaya, lui, de « visualiser » à distance le major Stone. Thompson eut l’impression de « voir » le Lincoln Memorial sur le Mall, près du Capitole. Or, le major Stone s’était rendu à la gare d’Alexandria, à plusieurs kilomètres au sud du Pentagone. Mais, sur le site, Thompson put voir, à quelques centaines de mètres, un autre bâtiment, le Temple maçonnique, avec une pièce d’eau, et dont l’apparence correspondait à ce qu’il avait « vu ». Thompson conclut qu’il s’était focalisé sur le Temple et qu’il l’avait pris par erreur pour le Lincoln Memorial. Quelques semaines après, à bord d’un avion, Thompson réalisa, en passant au-dessus d’Alexandria, que ce qu’il voyait était une version plus claire de ce qu’il avait entraperçu pendant la séance de RV.

    Fin 1978, GONDOLA WISH connut une transformation grâce à ce qu’un mémo ultérieur de l’armée appellera « des résultats préliminaires et un haut degré d’intérêt ». L’unité fut alors connue sous le nom de « Service d’action spéciale », et le nom de code fut remplacé par GRILL FLAME. GRILL FLAME était un programme secret lancé par le Pentagone sous la direction du major général Thompson, chef d’état-major adjoint de l’armée, chargé du renseignement. L’unité comportait quelques ‘‘remote viewers’’(‘‘visualiseurs’’ à distance) sous la direction de Frederick Holmes Atwater (dit Skip). On demanda à cette unité spéciale du renseignement militaire de prédire la zone de chute de "Skylab" (dont on attendait le retour en juillet 1979). L’adjudant-chef Joe McMoneagle visualisa la station orbitale tomber dans le Pacifique Sud entre l’Australie et l’Indonésie. Quelques semaines après, "Skylab" rentra dans l’atmosphère au-dessus de l’Australie orientale… Voici d’autres cas :

    - Premier cas.Un avion de chasse A-6 de la Navy avait été perdu quelque part dans le monde. Ken Bell décrivit une zone boisée et les vestiges noircis de l’appareil et de l’équipage. Plusieurs fois au cours de la séance, il capta le mot « bald » (chauve). Plus tard Skip Atwater découvrit que l’avion s’était écrasé sur le flanc d’une colline dans la chaîne montagneuse des Blue Ridge Mountains (une partie des Appalaches, Virginie), la colline s’appelant "Bald Knob" (« Mont Chauve »).

    - Deuxième cas.Un hélicoptère américain était tombé dans un coin perdu du Pérou. Ken Bell se vit dans les hauteurs des Andes, sur le site du crash, avec le pilote et le copilote morts, brisés et brûlés. Ken Bell se mit à sangloter sans pouvoir se contrôler et la séance dut être interrompue.

    - Troisième cas.On fournit à Skip Atwater le nom du ‘‘case officer’’ (officier traitant en charge d’une affaire) d’un agent en place dans un pays de l’Europe de l’Est, ainsi qu’une date et une heure, cet agent devant passer un test au détecteur de mensonges. Le fonctionnaire de la CIA qui avait apporté cette mission voulait que les « visualiseurs » espionnent le ‘‘case officer’’ à ces date et heure, sachant qu’il se trouverait à ce moment avec l’agent. Joe McMoneagle décrivit deux hommes réunis dans un restaurant et le porte-documents que l’un des deux – l’agent – avait avec lui et dans lequel se trouvait, dit Joe McMoneagle, beaucoup d’argent. Une semaine environ après, l’examinateur rencontra l’agent pour son test et demanda à ce dernier s’il pouvait lui parler de tout l’argent qu’il transportait dans sa mallette la semaine dernière. L’agent, stupéfait, demanda comment il pouvait savoir cela.

    - Quatrième cas. Dans les années 1980, Norm Everheart, un spécialiste des opérations techniques de la CIA, apporta une photographie à Fort Meade, représentant une « cible », celle d’un « clandestin » du KGB, un agent infiltré qui avait pris une identité étrangère. On pensait qu’il recevait ses instructions par une radio à ondes courtes, grâce à une sorte de code. Comment l’homme décodait-il ses messages ? Ken Bell décrivit un homme, dont les habits ressemblaient plutôt à des pyjamas gris, assis dans un appartement au deuxième étage d’un bâtiment, dans une ville bordée par une grande quantité d’eau. Cet homme se trouvait avec deux autres, habillés plus normalement. Le duo ne parlait pas la même langue que l’homme interrogé, lequel était résolu à ne pas parler. Sur la suggestion de Skip Atwater, Ken Bell essaya de soutirer télépathiquement les informations dissimulées, mais sans succès. Jim Morris, l’homme du contre-espionnage, confirma cependant tout : la pièce au deuxième étage, les vêtements gris, les deux interrogateurs.

    Morris donna à Norm Everheart les noms russes du fils et de la fille de l’agent du KGB. Lors d’une autre séance de visualisation, Ken Bell lui « parla » télépathiquement de ses enfants, et l’agent « répondit », disant que c’était censé être sa dernière mission, qu’il était sur le point de rentrer en URSS. Ken Bell apprit qu’il avait une calculatrice de poche (ce que Mel Riley apprit aussi). Or, Norm Everheart savait que les calculatrices de poche, modifiées ou équipées de puces de cryptage, étaient communément utilisées par les clandestins du KGB pour coder et décoder les messages. Norm Everheart rapporta l’information au QG de la CIA et la transmit à Morris. Les agents du contre-espionnage sud-africain qui avaient suivi les interrogatoires de l’homme du KGB finirent par admettre qu’on avait découvert une calculatrice dans les affaires du Russe. Il n’a cependant pas été possible de confirmer si celle-ci a pu être utilisée pour décoder des messages.

    - Cinquième cas.Une autre fois, Joe McMoneagle décrivit un crash aérien et repéra une personne suspecte ramassant une pièce de la carcasse et la dissimulant. Le sergent Mel Riley, lui, décrivit une forme volante aux ailes en forme de chauve-souris avec un cockpit bulbeux… Des années plus tard, Skip Atwater vit un reportage sur le nouveau bombardier furtif B-2. Mel Riley était donc parvenu à « voir » l’un des programmes les plus secrets du Pentagone. Les « cordes de lumière » perçues correspondaient aux fils de contrôle en fibres optiques.

    - Sixième cas.A la fin de l’été 1979, Mel Riley et Joe McMoneagle visualisèrent le dispositif nucléaire chinois à Lop Nor. Joe Mc Moneagle dessina un diagramme détaillé d’un engin, incluant, en son centre, le même objet en forme de sablier que Mel Riley avait décrit. Ken Bell, le troisième « visualiseur », décrivit aussi l’engin. Skip Atwater rédigea un rapport de synthèse des séances et le transmit aux officiers de l’Air Force qui avaient mandaté l’opération. Il apparut que l’objet en forme de sablier était un élément conceptuel que, croyait-on, les Chinois n’avaient pas été capables d’incorporer dans leurs bombes. Mel Riley fut rappelé pour une autre séance au cours de laquelle il perçut un grand désert lugubre et une série de grands cercles concentriques (faisant des kilomètres de diamètre) qui partaient d’un point central marqué par une tour ou quelque autre objet. Il sentit un avion, une bombe lâchée et puis… rien. Joe McMoneagle décrivit une « explosion démentielle », mais il pensa que cette explosion, non nucléaire, fut un échec. La tâche avait été déclenchée parce que l’espionnage américain (satellites espions, avions de reconnaissance U-2…) n’était pas parvenu à détecter une explosion nucléaire sur le site d’essai de Lop Nor le jour où l’essai était prévu. Les données des « visualiseurs à distance » avaient suggéré une raison évidente à cette absence d’explosion nucléaire : la bombe avait explosé, mais le processus nucléaire n’était pas parvenu à s’enclencher. Les officiels américains utilisèrent d’autres sources de renseignement qui leur permirent d’apprendre que le parachute de la bombe ne s’était pas ouvert, que la bombe s’était enfoncée dans le sol et que les détonateurs s’étaient mal déclenchés.

    - Septième cas.Certaines tâches de l’unité concernaient des cibles « domestiques ». Les responsables militaires voulaient savoir si leurs programmes secrets pouvaient être pénétrés par des « visualiseurs ».

    Une photo en noir et blanc montrait ainsi un hangar d’avions sur une base non précisée, l’armée ayant caché un char XM-1 expérimental à l’intérieur du bâtiment. On espérait que les autres hangars environnants, qui contenaient vraiment des avions, pourraient tromper les « visualiseurs » en leur faisant rater la cible.

    Joe McMoneagle décrivit un instrument de type clavier relié à une sorte d’ordinateur. Un système optique était aussi concerné. Il vit de gros obus, puis le char d’assaut. Il dessina un croquis détaillé « digne d’un ingénieur, avec un diagramme en coupe du système de visée laser, du stockage et du chargeur des munitions, les verrouillages de la tourelle, le bloc canon principal et le blindage high-tech spécial ». (2)

     

    1. Talents spécifiques et limites du psi:

    Les séances RV aussi précises que celle de Mel Riley et du bombardier furtif, ou de Joe McMoneagle et du char XM-1, ne survenaient évidemment pas tous les jours, les mauvaises séances étant au moins aussi nombreuses que les bonnes.

    Certains « visualiseurs » avaient des talents spécifiques. Ken Bell pouvait se connecter sur des « cibles » humaines, surtout des personnes souffrantes ou disparues, en captant leurs préoccupations et intentions… Mel Riley avait un don artistique (avec restitution très détaillée sur le papier). Hartleigh Trent était très bon pour trouver la direction de la cible… Joe McMoneagle pouvait dessiner les détails de cibles technologiques. Il pouvait parfois capter les rayonnements des fréquences radio – émanant par exemple d’une antenne radio – sous la forme d’une flamme orange.

    Le psi avait des limites. Les nombres et les lettres – comme un prochain tirage de loto ou un nom sur un document secret – étaient presque impossibles à visualiser précisément. Les chercheurs du SRI pensaient que cette limite était en relation avec la manière selon laquelle les données psi parvenaient au cerveau. Les objectifs visuellement spectaculaires dont les emplacements étaient fixes, depuis longtemps, étaient généralement les plus faciles à visualiser. (3)

     

    2. Vision à distance d’ambassades et de sites :

    La CIA, les équipes d’opérations spéciales de l’armée, et même l’unité de commando Delta Force du Pentagone, ont demandé à Mel Riley, à Joe McMoneagle, et aux autres, de dresser un plan de l’intérieur d’ambassades et autres sites autour du globe, les cartes fournies étant comparées à ce que l’on savait de l’intérieur des édifices. Les cartes avec des informations psiraisonnablement précises pouvaient être utilisées pour guider les équipes qui allaient s’introduire dans les bâtiments afin d'installer des dispositifs d’écoute, dérober des informations ou effectuer ce qui devait être fait.

    En 1980, un objectif fut amené par un officier de liaison de GRILL FLAME appartenant à la NSA, lequel avait apporté une photo de l’extérieur d’un consulat américain dans le secteur méditerranéen. La NSA voulait savoir comment des informations semblaient sortir du consulat au profit des Soviétiques. Joe McMoneagle dressa la carte d’un secteur particulier du consulat en disant qu’il y voyait une émanation en forme de flamme, quelque sorte de signal électromagnétique inhabituel, provenant d’un mur d’un certain corridor, derrière un distributeur d’eau fraîche. Joe McMoneagle découvrit un appartement de l’autre côté de la rue, lequel avait un halo inhabituel d’émanations électromagnétiques. Il s’agissait du poste d’écoute soviétique, électroniquement connecté au signal provenant du micro dissimulé dans le consulat. Joe McMoneagle précisa qu’il y avait, en dessous du poste d’écoute, un autre appartement avec d’étranges émanations, des Américains y étant présents. Or le jour, ou presque, où l’homme de la NSA avait confié cette tâche aux « visualiseurs », une équipe d’enquête de la NSA dépêchée au consulat avait découvert le poste d’écoute soviétique. L’équipement de réception soviétique était si mal conçu qu’il retransmettait par inadvertance les signaux qu’il récupérait du micro dans le consulat, et les Américains que Joe McMoneagle avait détectés dans l’appartement inférieur étaient les membres de l’équipe de la NSA occupés à écouter… les écouteurs. (4)

     

    3. Voyages dans le temps :

    Les « visualiseurs » pouvaient aussi « voyager dans le temps ». Parfois, ils arrivaient dans le passé alors qu’ils avaient été envoyés dans le présent.

    Voici un cas de perception du futur.Don Porter, un ami de Skip Atwater, travaillait pour l’INSCOM, à Arlington Hall. Il devait participer à des négociations secrètes entre des officiels militaires et civils des deux Corées, dans une ferme située dans la zone démilitarisée. Don Porter voulait que les « visualiseurs » se rendent dans la ferme une semaine plus tard environ, au moment des entretiens, et qu’ils « pénètrent » à l’intérieur du cerveau des délégués nord-coréens. Mais chaque « visualiseur » produisit un résultat différent et aucun ne décrivit une rencontre, même pas une ferme ou la campagne coréenne. Don Porter alla en Corée et apprit que les Nord-Coréens avaient annulé la rencontre !

    Au début des années 1980, la CIA demanda aux « visualiseurs à distance » de vérifier le nouveau bâtiment de l’ambassade américaine à Moscou pour détecter d’éventuels micros soviétiques. Le nouvel édifice n’en était qu’aux premiers stades de sa construction, et la CIA voulait que les « visualiseurs à distance » se projettent dans l’avenir pour voir le bâtiment après son achèvement prévu quelques années après. On demanda aux médiums de découvrir quelles pièces de l’ambassade achevée auraient des micros et où ceux-ci allaient être placés. Ils trouvèrent de nombreux micros dans les murs préfabriqués, certains étant réels, d’autres n’étant que des leurres. Joe McMoneagle décrivit des poutrelles d’acier et des barres de renfort soudées les unes aux autres de manière à servir d’antenne géante pour les micros. Le plus étrange, pour Skip Atwater, c’était qu’à mesure que les « visualiseurs » avançaient dans le temps, année après année, les données commençaient à partir dans toutes les directions, aucun des « visualiseurs » ne s’accordant sur quoi que ce soit. L’un d’eux, à qui on avait demandé de visualiser l’ambassade au milieu des années 1980, décrivit une confortable maison de grès brun, avec un feu dans la cheminée. Un an ou deux ans après, en 1983, une équipe mixte CIA/NSA amena une machine à rayons X sur le site du chantier pour sonder les murs. En « protestation », les Soviétiques annoncèrent qu’ils abandonnaient le travail. La CIA découvrit que la structure était truffée de milliers de micros et de leurres métalliques ! On trouva aussi les poutrelles soudées en forme d’antennes, comme Joe McMoneagle les avait décrites, en plus des micros reliés au système électrique et des micro géants que l’on pouvait faire fonctionner grâce à des micro-ondes émises de l’extérieur ! A la fin des années 1980, un consensus semblait s’être fait autour de l’idée d’abattre l’édifice, ce qui explique évidemment pourquoi les médiums avaient eu tant de mal à visualiser le futur de l’ambassade, l’édifice n’ayant pas d’avenir. Fin 1994, cependant, le Congrès approuva un budget de 240 millions de dollars pour un nouveau plan de reconstruction… (5)

     

    4. Le char russe :

    Lors d’une séance RV, Mel Riley vit un char d’assaut sur un "wagon-plateforme". Il le dessina. C’est ce qu’avaient espéré entendre ceux du Département de la Défense. Il s’agissait, en fait, d’un char russe T-72. Trent essaya de se concentrer sur l’objet décrit dans l’enveloppe - le char -, cette fois quelques jours de plus dans l’avenir. Trent se retrouva sur un navire en mer. Il vit, dans la cale, un tank et ce qui ressemblait à des parties d’avion. Joe McMoneagle et Ken Bell décrivirent des scènes semblables.

    L’unité continua de surveiller le marchand d’armes et le voyage du char au cours des jours suivants, mais en « temps réel », pas en se projetant dans l’avenir.

    « Ils virent le char partir par rails, puis arriver dans un port et chargé dans la cale d’un navire. Le navire prit le large avec à sa tête ce que Riley prit pour un capitaine grec.

    Un jour, McMoneagle visualisa le bateau, avec Atwater pour moniteur. Il sentit que là où se trouvait le cargo (probablement dans la mer Noire ou la Baltique) il faisait nuit. Il sentit aussi que le navire était à l’arrêt. Il ne savait pas si ce qu’il voyait venait de se produire ou allait survenir, mais c’était très net. Le premier navire fut abordé par des hommes en noir, comme dans un de ces films sur les commandos de la Seconde Guerre mondiale. Ils venaient d’un second navire qui se trouvait à proximité. Les hommes tenaient le capitaine en joue. Il avait les mains en l’air. L’autre bateau vint se placer bord à bord, lança une grue dans la cale et hissa le container qui renfermait le char. Ils étaient en train de voler le chargement de plusieurs millions de dollars du Pentagone, juste comme ça.

    McMoneagle commença à se concentrer sur le capitaine du premier navire, celui qui était tenu en joue. Il décida de tenter de l’interroger ‘‘télépathiquement’’. ‘‘Que se passe-t-il ici ?’’, demanda-t-il à l’officier. A sa surprise, le capitaine ne semblait pas du tout impressionné par les armes du commando. Tout se passait comme prévu. L’abordage avait été strictement mis en scène, probablement pour couvrir la piste du général qui vendait le char. Atwater et McMoneagle ne découvrirent jamais si les ‘‘pirates’’ étaient des soldats américains des Forces spéciales, des hommes du marchand d’armes ou même des marins roumains ou polonais.

    Mais ils découvrirent une chose : quelques semaines plus tard, un navire qui arrivait d’un port du Proche-Orient remonta la baie de Chesapeake et déchargea une cargaison spéciale dans le centre d’études des chars d’assaut de l’armée, à Aberdeen Proving Grounds : un T-72 soviétique flambant neuf. » (Jim Schnabel) (6)

     

    5. Joe McMoneagle :

    On reconnut que Joe McMoneagle était le meilleur « visualiseur » de l’unité. En 1957, alors qu’il était âgé de 11 ans, et qu’il campait avec un groupe d’amis près d’une orangeraie en Floride, il ouvrit les yeux alors que quelqu’un lui tapotait l’épaule. Il vit une étrange femme, semblable à un fantôme, qui flottait dans l’espace près de l’arbre. Elle lui prit doucement le bras et il se mit à flotter près d’elle. Ils se trouvèrent dans une clairière, et la femme se mit à lui parler de l’avenir, lui disant qu’il rejoindrait l’armée et qu’il participerait à une guerre lointaine. Elle dévoila l’avenir de Joe jusqu’en 1970 environ. Puis il se réveilla. Huit ans après, il s’engagea en effet dans l’armée.

    Une nuit, en octobre 1965, sur l’île d’Eleuthera aux Bahamas, Joe Mc Moneagle vit un grand OVNI discoïdal intensément lumineux. Ce dernier plana, sauta vers une autre position, se déplaça ainsi 6 ou 7 fois, puis partit silencieusement au-dessus de l’Atlantique. Le lendemain matin, Joe McMoneagle et son ami se sentirent malades. Ils avaient attrapé des coups de soleil, avaient la curieuse impression d’avoir du sable dans les yeux, et ils conservèrent plusieurs jours des symptômes grippaux.

    En 1966, Joe McMoneagle fut envoyé au Vietnam. Depuis qu’il avait rejoint l’armée à 18 ans, il avait fait un cauchemar récurrent au cours duquel il était enveloppé d’une sorte de lumière blanche. Il croyait que cette lumière signifiait la mort. Quand son avion atterrit sur la base militaire de Bien Hoa, en périphérie de Saïgon, il eut une vision différente : il se vit quittant le conflit vivant et indemne, et il se voyait quitter le Vietnam dans un avion jaune canari. Ses camarades notèrent qu’il semblait fréquemment anticiper les attaques, à tel point que, chaque fois qu’ils le voyaient replier son fauteuil, ils arrêtaient tout ce qu’ils faisaient et filaient aussi vers leurs bunkers respectifs. L’avion qui le ramena chez lui était jaune canari.

    Un jour, dans un village autrichien, Joe McMoneagle eut une attaque cardiaque. Il sortit de son corps et vit son corps physique sur lequel son ami tentait des massages cardiaques. A chaque pression sur la poitrine, il sentait une sorte de déclic, comme un coup de poignard douloureux et, pendant un instant, il revoyait à travers ses véritables yeux avant de retourner dans sa position d’observateur spectral.

    « Quand les secours arrivèrent et mirent le corps dans l’ambulance, le fantôme de Joe se mit à voler près du véhicule, suivant les lignes électriques le long de la route et accompagnant le convoi jusqu’aux urgences d’un hôpital. Quand le personnel médical commença à appliquer les défibrillateurs sur son corps, McMoneagle se mit à vivre une expérience de mort imminente (EMI) avec tous les détails caractéristiques. Il se sentit avancer dans un tunnel. Une lumière blanche l’enveloppa, cette même lumière qui apparaissait dans ses cauchemars récurrents, mais ce n’était pas la mort. C’était Dieu, irradiant un amour inconditionnel. Dieu dit à Joe de retourner dans la réalité physique. Il n’allait pas mourir. Joe résista - il se sentait simplement bien là où il était -, mais la scène s’évanouit et il se redressa sur son lit d’hôpital, pleurant et souhaitant repartir.

    Il n’y avait aucune trace de dommage sérieux sur les scanners de son cerveau, mais, progressivement, McMoneagle eut l’impression d’être une nouvelle personne. Quand il parlait à quelqu’un, il avait l’impression de suivre une conversation sur deux pistes : une piste "oralo-auditive" et une piste télépathique. S’agissait-il simplement de voix dans sa tête ? Devenait-il fou ? La réalité et l’imagination paraissaient s’entrechoquer partout. Il pouvait s’allonger sur le canapé de son salon pour une sieste – et soudain il se retrouvait "re-localisé" avec une netteté de cinéma en Technicolor sur une plage des mers du Sud ou dans un désert, ou même, une fois, dans un temple au Japon, où il flottait entre les arbres, fasciné par les craquements de la roue d’une brouette poussée sur un chemin poussiéreux.

    Comme beaucoup d’autres personnes ayant vécu une EMI, McMoneagle vit sa conception du monde changer spectaculairement dans un sens plus mystique et plus spirituel. » (Jim Schnabel)

    Fin 1977, il travaillait pour l’INSCOM à Arlington Hall quand il fut recruté pour GONDOLA WISH. Il pouvait rester dans un état de semi alerte alors qu’il descendait dans un état de conscience onirique, et ses RV avaient un réalisme et une consistance narrative remarquables. Il pouvait généralement raconter et dessiner ce qu’il avait vu dans les moindres détails, et pendant la séance il pouvait parfois décrire des scènes comme s’il était en train de regarder un film.

    Il y avait parfois, cependant, d’étranges distorsions perceptuelles qui s’immisçaient dans son interprétation. Vers 1980, un client de la communauté du renseignement voulut que les « visualiseurs » suivent les mouvements d’un agent étranger basé en Europe, environ toutes les 12 heures, sur une période de plusieurs jours dans un passé récent. Joe McMoneagle vit une route sinuant à travers des collines. La « cible », un homme aux cheveux sombres, conduisait une voiture sur cette route. Après environ 5 minutes de séance, Joe McMoneagle fut quelque peu désorienté par quelque chose : l’individu allait quelque part où Joe McMoneagle ne pouvait pas aller. C’est, précisa-t-il, comme s’il était en train de regarder la photo du type et que celle-ci avait été retournée. L’objectif s’était soudainement évanoui. Skip Atwater apprit que l’homme de la photo n’était pas venu à un rendez-vous avec son "case officer". C’est la raison pour laquelle on avait voulu retrouver sa trace. Quelque temps après, le client découvrit que lors de la visualisation de Joe McMoneagle l’homme avait perdu le contrôle de sa voiture sur une route sinueuse d’Italie et qu’il avait trouvé la mort après avoir plongé d’une falaise avec son véhicule.

    Voici un autre cas, celui d’un agent du FBI confronté à un problème de contre-espionnage. Lors de la « visualisation », Joe McMoneagle vit un homme, habillé en complet, conduisant une voiture et arrêté par un policier. Cet homme parlait russe et il avait, sur son siège arrière, une canne à pêche. Cet homme se rendit dans une zone boisée bordant une installation militaire sensible, entourée par un grand périmètre de hautes clôtures. A un endroit, l’enceinte était interrompue par un bâtiment élevé, et à environ cinq mètres de haut sur le mur extérieur de celui-ci il y avait un élément de maçonnerie mobile. L’homme du KGB marcha jusqu’au bâtiment et assembla sa canne à pêche qu’il utilisa pour atteindre et déloger un petit paquet qu’un agent américain au service des Soviétiques – travaillant probablement là – avait coincé dans le mur près du bloc de pierre mobile. On pensa qu’il y avait erreur, car dans les autres cas où des cannes à pêche étaient apparues, elles semblaient abriter quelque appareillage électronique sophistiqué. Or, ici, la canne n’était qu’un moyen mécanique pour atteindre ce que les espions appelaient une « boîte aux lettres mortes », un endroit secret où les agents dissimulaient des films ou d’autres documents que leurs "case officers" allaient pouvoir récupérer.

    « Malgré cela, Everheart transmit l’information à son contact du FBI. Plus tard, il apprit que le FBI avait repéré le site près de l’installation militaire. Et ils avaient vu l’officier du KGB utiliser la canne pour récupérer quelque chose dans une fissure implantée haut sur le mur de l’édifice. » (Jim Schnabel)

    Comme tous les autres « visualiseurs », Joe McMoneagle avait une série de « codes » à trois chiffres qui lui avaient été attribués de manière aléatoire. Pour toutes les séances de RV, qu’il s’agisse de séance d’entraînement ou de séance opérationnelle, il devait en utiliser un pour s’identifier. Sous l’administration Carter, le NSC (National Security Council) connaissait surtout Joe McMoneagle comme le « visualiseur » 518, grâce à une série de séances sensationnelles qu’il avait effectuées sous ce code.

    A cette époque, l’effectif du Conseil de Sécurité Nationale comprenait un capitaine de corvette de la Navy appelé Jake Stewart, un supporter enthousiaste de GRILL FLAME. En septembre 1979, Jake Stewart apporta une série de photos prises par un satellite espion KH-9, lesquelles représentaient un grand complexe industriel au bord de l’eau, quelque part au nord de la Russie. Skip Atwater découvrit plus tard que les installations se trouvaient dans le port de Severodvinsk, sur la mer Blanche, juste en dessous du Cercle arctique. Le NSC voulait savoir ce qui se passait à l’intérieur d’un bâtiment, le 402, autour duquel des constructions étaient en cours. Ce bâtiment faisait plus de 400 mètres de long de chaque côté.

    Lors de la première séance, Joe McMoneagle se sentit dans un lieu désagréablement froid, sur une colline ou une montagne…

    Lors de la deuxième séance, il vit de grands bâtiments, des cheminées, et à côté une mer semi gelée. Skip Atwater lui montra alors la photo satellite et lui demanda de pénétrer à l’intérieur du bâtiment indiqué par Jake Stewart. Joe McMoneagle, en transe, se retrouva à l’intérieur de ce bâtiment. L’endroit, bruyant, semblait divisé en plusieurs niveaux, avec de grandes plaques ou des échafaudages partout, des poutrelles et des lumières ‘‘flashantes’’ bleutées, ces dernières étant identifiées aux arcs de chalumeaux. Après la séance, Joe McMoneagle dessina ce qu’il avait vu.

    Lors de la troisième séance, Joe McMoneagle vit, dans une grande zone du bâtiment, un sous-marin apparemment en réparation. Dans un deuxième secteur il y avait une pile de matériaux de construction, et dans une troisième zone, la plus grande, il y avait un très grand sous-marin en construction. Il décrivit la queue de l’engin, un pont arrière très long et très plat, un kiosque et une ligne de tubes lance-missiles couplés, épousant des angles inhabituellement inclinés par rapport à la verticale. Sorti de sa transe, Joe McMoneagle dessina ce qu’il avait vu. Sur les croquis il y avait neuf ou dix paires de tubes. Le sous-marin transporterait donc dix-huit ou vingt missiles. Conjointement à Hartleigh Trent (qui travaillait aussi sur cette cible), Joe McMoneagle décrivit un nouveau type de mécanisme de propulsion du sous-marin, une inhabituelle double coque et des détails des techniques particulières de soudage utilisées par les Soviétiques.

    Afin de déterminer quand ce grand sous-marin allait être lancé, Joe McMoneagle dut avancer dans le temps, mois après mois. Il vit les Soviétiques dynamiter et dégager au bulldozer un chenal partant de l’usine pour rejoindre la mer. A un moment du quatrième mois, le sous-marin fut mis en eau dans ce canal artificiel, avant de procéder à des essais en mer.

    Les photos satellites prises en janvier 1980, environ quatre mois après la dernière séance du « visualiseur », montrèrent le nouveau sous-marin, de la classe Typhon, à quai. Il avait vingt tubes inclinés pour les missiles balistiques et un grand pont arrière plat. Juste à côté de lui, il y avait le sous-marin plus petit qui avait été en réparation, un submersible d’attaque de classe Oscar.

    « L’affaire souleva un vif débat au sein du NSC quant à la valeur de la RV. Certains, comme Robert Gates, un jeune analyste spécialiste des Soviétiques détaché de la CIA, était radicalement sceptique, disqualifiant les informations fournies en disant qu’elles étaient sommaires, sans intérêt, invérifiables, et même qu’il s’agissait simplement d’un coup de chance. Mais d’autres, comme Jake Stewart, y croyaient. En ce qui les concernait, Joe McMoneagle – le Viewer 518 – était un atout de valeur pour les Américains, aussi proche du ‘‘parfait espion’’ psi que l’Amérique pouvait le souhaiter. » (Jim Schnabel) (7)

     

    6. Les otages de Téhéran :

    Le 4 novembre 1979, une foule iranienne déchaînée envahit l’ambassade américaine dans le centre de Téhéran, prit ses occupants en otage et réclama que le Shah leur soit livré. Fin 1979/début 1980, le Pentagone et le Conseil de Sécurité Nationale demandèrent aux « visualiseurs » de fournir des informations sur les otages, leurs conditions physiques et mentales, les apparitions et les attitudes de leurs geôliers, et la description des bâtiments où ils étaient gardés prisonniers.

    Les « visualiseurs » travaillaient sans relâche, mais ils eurent de plus en plus de mal à voir quoi que ce soit d’autre que les otages américains et les mêmes têtes de gardes iraniens barbus. Et quand le printemps vint, ils décrivirent de plus en plus des sites n’ayant plus rien à voir avec les otages : bâtiments urbains, canalisations d’égouts sous les rues, stations de radio gouvernementales, lieux perdus dans le désert.

    Lors d’une séance en avril 1980, le « visualiseur » Hartleigh Trent décrivit des soldats américains se laissant descendre en rappel depuis des hélicoptères dans le désert. Quelques jours après, les six membres de l’unité allèrent dans un motel de la ville de Laurel, non loin de Fort Meade, l’essentiel d’un étage leur ayant été réservé. Chaque « visualiseur » disposait d’une chambre, une grande suite étant réservée aux réunions de l’unité. Scotty Watt confirma qu’une opération secrète pour libérer les otages était en cours.

    Par le passé, il y avait eu des opérations où un « visualiseur » pouvait effectuer deux ou trois séances par jour sur le même type d’objectif, ce qui était déjà assez éprouvant, mais faire davantage pouvait occasionner des épuisements totaux. Or les "visualiseurs" devaient, dans ce cas précis, quasiment faire de la visualisation en non-stop… L’imagination prit le dessus. Et ils ne savaient pas si ce qu’ils « voyaient » allait dans le bon sens ou pas. Le 25 avril 1980, Jimmy Carter évoqua à la télévision le site de rendez-vous de "Desert One", les pannes de plusieurs hélicoptères, la collision de deux avions dans le désert, les huit morts, les blessures horribles, la débâcle.

    Après la première tentative, les prisonniers furent dispersés, et la tâche des « visualiseurs » fut de trouver où ils étaient gardés. Un jour, alors que Hartleigh Trent était ‘‘monitoré’’ par Mel Riley, Jackie Keith (l’homme des opérations spéciales de l’INSCOM) eut une attaque cardiaque alors qu’il se trouvait dans la salle de contrôle, attaque qui lui fut fatale. Quant au Président Carter, il décida de ne pas procéder à une seconde tentative de sauvetage. Les prisonniers furent libérés au moment où sa présidence s’achevait. Le colonel de l’Air Force dit aux « visualiseurs » que les informations qu’ils avaient fournies n’étaient « pas pires » que les renseignements recueillis grâce à des méthodes plus conventionnelles. (8)

     

    7. Les tests psychologiques :

    Jim Schnabel note que les effets secondaires de la RV (‘‘remote viewing’’ ou ‘‘vision à distance’’) ressemblaient plus qu’un peu à ceux d’une drogue hallucinogène. En sortant d’une séance intense, on pouvait voir le ciel quelque peu plus bleu, l’herbe plus verte, un couple d’oiseaux perchés sur un fil pouvait faire autant de bruit qu’une forêt tropicale pleine de toucans et de fauvettes…

    L’armée avait classé la RV du projet GRILL FLAME dans la catégorie des expérimentations humaines. Les « visualiseurs » avaient été présentés au docteur Dick Hartsell, un psychologue de l’INSCOM, qui leur fit passer des tests psychologiques et les interrogea en cherchant ostensiblement le moindre signe de désordre mental. Mais après cette première série d’entretiens, au début de 1978, Dick Hartsell parut se désintéresser de l’unité. Selon la rumeur, les « visualiseurs » lui auraient fait peur, et il ne voulait plus rien avoir à faire avec eux. (9)

     

    8. Suppression du financement et défense du programme GRILL FLAME :

    En 1980, William Perry (chef du bureau d’études de la Défense du Président Carter) supprima le financement de l’unité de Fort Meade de son budget recherche et développement. Selon la rumeur, il avait pris connaissance de l’existence de l’unité par un collaborateur d’un sénateur de l’Ouest appartenant au mouvement des "Born-Again Christians" (« Chrétiens renés »). GRILL FLAME
    parvint quand même à survivre avec des fonds tirés d’autres projets de l’armée… Charlie Rose, un représentant démocrate du Congrès, entendit parler de GRILL FLAME à la fin des années 1970 par le général Thompson et par son administrateur, Jack Vorona, le chef du Directoire du renseignement scientifique et technique de la DIA. Jack Vorona et Charlie Rose firent le tour des installations de RV, au SRI et à Fort Meade. Charlie Rose discuta avec les « visualiseurs » et assista à des séances pratiques. En 1979, il donna une interview publiée dans le magazine "Omni". Il défendit le programme GRILL FLAME, faisant même référence aux informations que la RV avait permis de recueillir sur une cible soviétique non précisée,RV dont il avait été le témoin. Ce qu’ont vu ces gens, précisa-t-il, a été confirmé par des photos aériennes, et il ne pouvait y avoir aucun trucage.

     

    II. Le SRI :

    Parmi les chercheurs impliqués dans la « vision à distance », il y eut Hal Puthoff (un physicien des hautes énergies spécialiste des lasers), qui rejoignit en 1969 le Stanford Research Institue (SRI), et Russel Targ (un autre physicien des lasers). Russel Targ rejoignit Hal Puthoff pour développer un programme secret au sein du SRI, la CIA voulant utiliser des médiums pour l’espionnage à longue distance. Au début des années 1980, environ 150.000 dollars furent employés dans le programme de vision à distance du SRI, le budget global pour ce programme se situant entre 500.000 et 1 million de dollars par an, avec une douzaine de personnes salariées. Quelques années après, le SRI obtint le soutien d’une agence affiliée au Pentagone et un contrat de "recherche-développement" de dix millions de dollars sur cinq ans.

    Parmi les sujets ayant participé au programme d'étude de la vision à distance, il y eut deux grands médiums : l’artiste new-yorkais Ingo Swann et Patrick Price.

     

    1. Ingo Swann :

    Hal Puthoff, qui enseignait l’ingénierie électrique à l’Université de Stanford, possédait le brevet d’un laser infrarouge réglable qu’il avait inventé. Il avait aussi co-écrit un essai important, « Fondements de l’électronique quantique ». Au SRI, il voulut réaliser quelques expérimentations psipour voir si cela éclairait certaines portées de la théorie quantique. Bill Church, un ami philanthrope, lui donna dix mille dollars.

    Un artiste de New York, Ingo Swann, contacta, parmi d’autres, Hal Puthoff. Il avait été militaire en Corée, artiste, romancier, astrologue, employé des Nations Unies… C’était un sujet psi qui avait participé à des expériences psi au City College de New York et à la Société Américaine de Recherche Psychique. Il avait notamment modifié à distance la température d’une baguette de graphite et était « sorti de son corps » pour visualiser des objets cachés dans un laboratoire.

    Le 6 juin 1972, Hal Puthoff emmena Ingo Swann à l’Université de Stanford, dans un laboratoire qui abritait un magnétomètre expérimental construit par Arthur Hebard, lequel s’intéressait aux particules subatomiques appelées quarks. Le magnétomètre était conçu pour mesurer, dans sa chambre de mesures protégée, les perturbations extrêmement infimes du champ magnétique que les quarks étaient censés provoquer en passant. Ce magnétomètre fut celui qui, quelques années plus tard, fut utilisé dans la première confirmation expérimentale de l’existence des quarks. Le magnétomètre était protégé des bruits électromagnétiques extérieurs grâce à du cuivre, de l’aluminium, un métal spécial qui enferme les champs magnétiques, et un supraconducteur ‘‘sur-refroidi’’. Hal Puthoff expliqua à Ingo Swann le fonctionnement basique du magnétomètre, puis il lui demanda de modifier la puissance de ce dernier, pour l’essentiel scellé et encastré dans un puits de béton dans le sol du labo. Ingo Swann voulut d’abord, pour avoir une meilleure emprise psychique, visualiser par clairvoyance ce qu’il y avait à l’intérieur du magnétomètre. Hal Puthoff estima que les perturbations constatées étaient liées aux efforts d'Ingo Swann pour modifier la puissance, la perturbation étant cependant jugée anodine par Arthur Hebard et certains étudiants et membres du personnel.

    En octobre 1972, Ingo Swann revint dans les locaux du SRI à Menlo Park pour une brève visite, et Hal Puthoff lui fit faire quelques petits tests simples de clairvoyance. Hal Puthoff plaçait un objet dans une boîte en bois aux parois épaisses et cadenassées qu’il laissait dans une certaine pièce, et Ingo Swann, accompagné par un second chercheur, venait dans la pièce et essayait de deviner ce qu’il y avait dans la boîte. Un jour, deux hommes de Washington apportèrent leur objet/cible qu’ils mirent dans la boîte. Ingo Swann parla de quelque chose de petit, de brun, irrégulier, quelque chose qui ressemble à une feuille mais qui paraît beaucoup plus vivant et qui semble bouger. La cible était en fait un gros papillon de nuit, brunâtre, ressemblant à une feuille. Quelques semaines après, Ingo Swann reçut un appel téléphonique d'Hal Puthoff qui lui dit que les deux hommes, qui appartenaient à la CIA, avaient décidé de lui octroyer cinquante mille dollars pour financer huit mois de recherches supplémentaires.

    Alors qu’il résidait dans le Colorado, Ingo Swann avait eu des expériences de sortie hors du corps et de prémonitions. Il pouvait voir les auras des gens. Après le lycée, il rejoignit l’armée, servit en Corée, puis sur une base de missiles Nike à la périphérie de Boston. Lorsqu’il quitta l’armée, il déménagea à Greenwich Village, travailla pour les Nations Unies, tout en peignant pendant son temps libre. Puis il écrivit des romans populaires. En 1971, il utilisa son premier prénom, Ingo, il avait ajouté un « n » à son nom de famille sur le conseil d’un numérologue, et il avait découvert qu’il semblait avoir des dons psychiques inhabituels. Il commença à gagner sa vie comme cobaye pour des laboratoires de parapsychologie. Il arriva au SRI, quelques jours avant Noël 1972, pour exécuter le contrat de la CIA.

    Au SRI, au début, ses capacités psi semblaient faibles. Il n’aimait pas la machine d’initiation à la PES de Russell Targ. Le sujet devait deviner laquelle des quatre petites diapositives d’illustrations allait s’allumer, l’appareil étant un ordinateur primitif qui contrôlait les ampoules électriques derrière ces diapositives. Les résultats de chaque essai étaient automatiquement affichés et enregistrés. Ingo Swann n’aimait pas cette machine qui lui rappelait la parapsychologie du passé, celle consistant en la divination de symboles abstraits sur des cartes, et ce, jusqu’à ce que l’ennui fasse fuir les médiums. On pouvait aussi demander à Ingo Swann si le laser argon vert dans une pièce adjacente était allumé ou non, ou laquelle des deux boîtes identiques contenait une source radioactive de prométhium 147. Il fit aussi des expériences où les boîtes étaient remplies aléatoirement d’eau ou de pétrole. Mais les résultats obtenus n’étaient pas extraordinaires, et Ingo Swann échoua dans sa tentative d’action PK sur un petit magnétomètre du SRI.

    En matière de vision à distance, Ingo Swann suggéra l’utilisation de coordonnées (latitudes et longitudes de la cible, sans donner la nature de celle-ci), mais Russel Targ et Hal Puthoff ne crurent pas que les systèmes de coordonnées pourraient mener la perception psi d’un individu vers une cible distante. Ingo Swann persista, et finalement les deux chercheurs acceptèrent de tester le principe des coordonnées. Ils consultaient une grande carte du monde, amenaient les coordonnées à Ingo Swann qui devait dire ce qui se trouvait à l’endroit correspondant. La première série de dix objectifs eut lieu le 23 avril 1973. Les descriptions fausses alternèrent avec des descriptions correctes mais sans véritable signification, et au bout de cinq jours et de cinquante paires de coordonnées le bilan n’était pas très positif. Mais lors de la seconde semaine de tests, les réponses d'Ingo Swann s’avérèrent plus précises et détaillées. Lorsqu’on lui donna les coordonnées correspondant à un endroit juste à l’est du mont Shasta en Californie, il déclara voir des montagnes et une grande vallée. Les coordonnées correspondant à un point à environ trente kilomètres à l’est du volcan Hekla, dans le sud de l’Islande, lui firent évoquer un volcan au sud-ouest et l’océan (qu’il pensait surplomber). Une autre fois, Hal Puthoff croyait que les coordonnées fournies correspondaient au milieu du lac Victoria en Afrique, alors que l’endroit concerné était en fait près du village tanzanien d’Ushashi, à quelque cinquante kilomètres de la rive sud orientale du lac Victoria. Ingo Swann avait eu l’impression de filer au-dessus de l’eau et d’atterrir sur la terre, et il avait mentionné un lac à l’ouest.

    Fin juillet 1973, Richard Kennett, de la CIA, téléphona à Hal Puthoff pour lui donner des coordonnées qui furent transmises à Ingo Swann. Ce dernier eut l’impression d’une île, peut-être une montagne perçant à travers une couverture de nuages. Il vit des bâtiments, l’un étant de couleur orange, quelque chose ressemblant à une antenne radar, un disque rond, deux réservoirs cylindriques blancs assez grands, et au nord-ouest une petite piste d’atterrissage… Ingo Swann fit un croquis de l’île. Hal Puthoff et Ingo Swann envoyèrent le tout à Richard Kennett. Les coordonnées désignaient un endroit localisé dans l’une des îles Kerguelen, dans le sud de l’océan Indien. Ces îles appartiennent à la France et sont le site d’un « complexe de recherche météorologico-atmosphérique » franco-soviétique.

    Ingo Swann racontait qu’une de ses arrière-grand-mères maternelles était une "femme-médecine" sioux et que sa propre enfance avait été marquée par diverses expériences paranormales. Il croyait avoir vécu, au huitième siècle, comme Européen. Il était le conseiller d’un conquérant européen qui employait comme conseillers les gens ayant des aptitudes paranormales. A cette époque, il lui était aisé de lire dans la pensée des gens. Il pouvait dire au conquérant ou au roi quelles étaient les véritables motivations d’une personne qui sollicitait une audience de sa part. Ingo Swann s’intéressait aussi beaucoup aux OVNIs.

    Le contrat d'Ingo Swann avec le SRI s’acheva à la mi-août 1973.

    Ingo Swann a travaillé sur des cas de personnes disparues, mais il a rapidement abandonné cette activité. Dans la plupart des cas, l’affaire s’était soldée par la découverte de la mort de la personne. Et l’épreuve pouvait être dure pour lui – la RV amplifiait la sensibilité émotionnelle – et encore davantage pour la famille du disparu… Ingo Swann participa à des recherches psi à la Société Américaine de Recherche Psychique et au Laboratoire des Rêves Maimonides à New York, ainsi que dans d’autres lieux de recherche psi.

    « Il effectua également quelques travaux pour des compagnies pétrolières, tournant en hélicoptère autour d’une plate-forme de forage dans le golfe du Mexique ou parcourant le Kentucky, le Tennessee et l’Arkansas avec une équipe de foreurs-sondeurs, fondée par Bill Keeler, le président de la Phillips Petroleum. Aucune de ces collaborations ne durait très longtemps, mais Swann gagna suffisamment d’argent au cours de cette période pour s’acheter une maison de quatre étages dans le Bowery du Bas-Manhattan. » (Jim Schnabel)

    Ingo Swann s’essaya à la prophétie. Il prédit, fin 1973 et en 1974, que la science officielle accepterait bientôt le phénomène psychique, ce qui, à vrai dire, ne s’est pas vérifié. Il visualisa aussi à distance Mars, Jupiter et Mercure avant les sondes spatiales américaines et russes. Certaines données étaient intéressantes, même si des sceptiques comme Carl Sagan les disqualifièrent plus tard en disant que ce n’était qu’un mélange de choses prévisibles, ambiguës ou – comme le « lichen » qu'Ingo Swann avait vu pousser à la surface de Mercure – totalement incorrectes. Notons, cependant, que selon les données rapportées par Ingo Swann, Jupiter avait un anneau ressemblant à ceux de Saturne, ce qui fut plus tard confirmé par les sondes spatiales. Il écrivit un roman, « Star fire », qui mettait en scène une jeune et belle rock star dotée d’extraordinaires pouvoirs psychiques…

    Ingo Swann revint au SRI en tant que consultant au cours de l’automne 1974. Son retour devait correspondre avec le départ de Pat Price.

    « Au cours d’une séance sur un objectif se trouvant au sein même de l’URSS, Ingo Swann commença à décrire un couloir dans un bâtiment. Il y avait des carreaux verts sur les murs et des caractères qui se révélèrent être du cyrillique. Les personnes croisées portaient des blouses de type médical. Swann en avait déduit qu’il s’agissait d’une installation de recherche sur les armes biologiques. Une autre fois, il s’était retrouvé dans un pays d’Europe centrale. Il avait devant lui un ensemble de bâtiments bien gardés. L’endroit ressemblait à un camp de prisonniers du type goulag. Swann descendit dans l’un des bâtiments et découvrit que d’autres recherches sur des armes biologiques y étaient menées. Elles impliquaient non seulement des animaux - des chiens, des cochons, des singes -, mais aussi des prisonniers humains pris dans le camp. Swann fut tellement bouleversé par tout cela qu’il se mit à hurler sans pouvoir se contrôler et que Puthoff dut mettre un terme à la séance. Swann sortit et dut boire quelques verres pour se calmer. La description spectaculaire de l’objectif ne fut jamais confirmée par le Pentagone et la présence de sujets humains semble improbable. Mais la description du site comporte des ressemblances avec une installation de recherche biologique sise à Obolensk, dans une forêt de pin, au sud de Moscou. On découvrit quelques années plus tard que, dans ce complexe, des animaux au moins avaient été exposés à des germes mortels. » (Jim Schnabel) (10)

    Un jour, on fournit à Ingo Swann les coordonnées d’une installation sur une base de l’US Air Force et on lui expliqua qu’un moteur de roquette allait être testé dans cette installation au cours d’un laps de temps particulier d’une demi-heure. Il devait établir quand cet essai allait commencer. Il s’exclama qu’il pensait que cela avait eu lieu quelques secondes auparavant, ce qui était exact. Une autre fois, l’objectif d'Ingo Swann était une explosion nucléaire souterraine qui devait s’effectuer dans un complexe gouvernemental du Nevada. Il s’agissait de déterminer si l’essai avait eu lieu, dans un laps de temps donné. L'essai avait effectivement eu lieu et Ingo Swann le détecta. (11)

     

    Le complexe secret du Pentagone :

    Un jour, Hal Puthoff appela Richard Kennett pour lui parler du concept de clairvoyance d’Ingo Swann, basé sur les coordonnées. Richard Kennett demanda à un collègue, Bill O’Donnell, de lui donner les coordonnées de certains endroits se trouvant sur la côte Est. La cible proposée concernait un lieu se trouvant dans les Blue Ridge Mountains. Hal Puthoff donna les coordonnées à Ingo Swann, lequel commença à dessiner et à verbaliser ses impressions. Il dessina une carte montrant un objectif circulaire entouré par une route au sud, une autre à l’ouest et une rivière à l’est. Au nord, il représenta une ville. La séance avait duré six minutes. Le lendemain, matin Ingo Swann redessina le site puis il apporta un rapport à Hal Puthoff, dans lequel il évoquait un bâtiment circulaire (une tour ?), en se demandant si c’était une ancienne base de missiles Nike ou quelque chose comme ça. Il avait l’impression, sans être sûr, de quelque chose de souterrain. Il fournit une carte plus détaillée à Hal Puthoff, représentant un grand espace ouvert au milieu d’une zone forestière délimitée par des clôtures et une voie privée, qui renfermait un objet élevé ressemblant à un mât de drapeau et quelque chose de grand et de circulaire. Hal Puthoff s’apprêtait à envoyer à Richard Kennett le rapport lorsqu’il reçut un appel téléphonique de Patrick Price, un « sensitif » qu’il avait déjà rencontré. Hal Puthoff en profita pour lui donner les coordonnées de la cible.

    Hal Puthoff reçut une enveloppe de Pat Price contenant plusieurs pages de descriptions verbales et de dessins. Pat Price avait décrit plus ou moins le même endroit qu'Ingo Swann, mais avec beaucoup plus de détails. Pat Price évoquait un pic au milieu d’une chaîne de montagnes, d’une hauteur d’environ 1500 mètres au-dessus de la mer, un secteur qui avait été un champ de bataille au cours de la guerre de Sécession, de grands espaces de stockage souterrains… Cela ressemble à un ancien site de missiles, la zone abritant maintenant des complexes de stockage d’archives, de microfilms, de dossiers. On pénètre dans la partie souterraine par des portes coulissantes en aluminium, les premiers secteurs étant remplis d’archives. Les salles font environ 30 mètres de long, 12 mètres de large et 6 mètres de haut, avec des pilastres évasés soutenant le béton. La température est douce et la lumière fluorescente, le personnel étant composé d’ingénieurs du cinquième corps de l’Armée. Pat Price évoqua aussi des caissons cadenassés, des fermetures à combinaison, des barres d’acier passant dans des anneaux, des travées avec des ordinateurs, des équipements de communication, de grandes cartes, des ascenseurs, le personnel appartenant à l’Army Signal Corps (Unité de transmissions). Hal Puthoff téléphona à Pat Price pour lui demander d’essayer de glaner davantage d’informations détaillées sur l’intérieur du site, particulièrement des codes secrets si possible. Quelques jours après, Pat Price donna ses impressions sur l’intérieur d’un bureau souterrain. Sur le bureau, il y avait des papiers marqués « Flytrap », « Minerva ». Sur le mur nord, il y avait un classeur portant les étiquettes « Operation Pool » (second mot illisible). Les chemises à l’intérieur du classeur étaient étiquetées « Cueball », « 14 Ball », « 8 Ball », « Rackup », et le nom du site ressemblait vaguement à quelque chose comme « Hayfork » ou « Haystack ». Le personnel comprenait le colonel R. J. Hamilton, le major général George R. Nash, le major John C. Calhoun (?).

    Hal Puthoff envoya le tout à Richard Kennett, lequel les transmit à Bill O’Donnell, l’agent de laCIA qui lui avait fourni les coordonnées. Or, Bill O’Donnell avait fourni les coordonnées de sa cabane d’été ! Le week-end suivant Richard Kennett emmena sa femme et ses enfants en promenade dans la campagne. A quelques kilomètres de la maisonnette de son ami, il tomba sur un panneau « Défense d’entrer » et des antennes satellites en arrière-plan. C’était manifestement une installation militaire secrète, laquelle semblait correspondre aux descriptions des médiums du SRI. C’était comme si Ingo Swann et Pat Price, au lieu de se concentrer sur la cabane dans les bois, avaient simplement trouvé cet endroit plus intéressant. De retour au travail, Richard Kennett chercha un agent susceptible de l’informer sur cette base militaire de Virginie occidentale. Il s’avéra qu’Ingo Swann et davantage encore Pat Price avaient décrit les détails d’un complexe secret du Pentagone, dissimulé dans les collines près du village de Sugar Grove, en Virginie occidentale. Il s’agissait d’une base de communication de l’US Navy, le site étant occupé par de nombreux cryptographes militaires et civils de la NSA. Il comprenait un grand ensemble souterrain planté à l’intérieur de la base de Reddish Knob Mountain, un pic d’une hauteur de 1320 mètres. Parmi ses fonctions secrètes, il y avait l’interception des communications téléphoniques internationales et le contrôle des satellites espions américains. La majeure partie du dispositif était souterraine et protégée contre une attaque nucléaire. Les données de la RV d'Ingo Swann et de Pat Price avaient été assez précises pour donner l’impression, dans l’esprit du Pentagone, « d’une fuite massive et criminelle d’informations top secrètes concernant des noms de code ». On demanda à Richard Kennett comment il s’était introduit à l’intérieur. On l’accusait d’être une « taupe soviétique ».

    « Kennett tenta de s’expliquer du mieux qu’il pouvait, mais les responsables de la sécurité du Pentagone ne paraissaient pas s’intéresser aux histoires de médium. Hal Puthoff et Russell Targ furent également interrogés, et bientôt ils apprirent que des agents du DIS (Defense Investigative Service, Service d’enquête de la Défense) frappaient aux portes autour de leurs demeures respectives, interrogeant leurs voisins pour savoir si messieurs Puthoff et Targ avaient jamais été communistes, s’ils ne dépensaient pas trop d’argent ou s’ils ne se comportaient pas comme des agents soviétiques.

    Incapables d’établir que quiconque au SRI ou dans le bureau de Kennett avait délibérément volé ou détourné des informations classifiées, les enquêteurs du Pentagone finirent par les laisser tranquilles. » (Jim Schnabel)

    Quelques années plus tard, la NSA, qui administrait le site de Sugar Grove, confiera elle-même des tâches aux « visualiseurs » du SRI et de Fort Meade. (12)

     

    2. Pat Price :

    Pat Price, à côté de son travail de commissaire, d’entrepreneur et de vendeur d’arbres de Noël, avait été chercheur d’or en Alaska, élève pilote pendant la Seconde Guerre mondiale, responsable d’une société d’emballage à Lockheed et même agent de sécurité pour la célèbre entreprise Skunk Works à Lockheed, à l’époque du développement de l’avion espion U-2.

    Pat Price prétendait posséder l’ancien pouvoir chamanique permettant de modifier le climat, de créer ou de dissoudre à volonté les nuages. Il croyait aussi pouvoir faire changer à son gré, par psychokinésie, les couleurs des feux tricolores. Il était convaincu qu’il avait été, dans une autre vie, l’orateur colonial américain Patrick Henry.

    J’ai évoqué, ci-dessus, la participation de Pat Price dans la détection psychique du complexe secret du Pentagone. En une autre occasion, il put fournir une description détaillée d’une installation soviétique qui remplissait une fonction semblable à celle du site de la NSA. Pat Price la localisa au mont Narodnaya, dans des montagnes reculées du nord de l’Oural. Il évoqua un site souterrain, du béton armé, des portes d’acier de type coulissant, des héliports, des rails. A cinquante kilomètres au nord du site, il vit une installation de radar avec une grande parabole (cinquante mètres) et deux petites paraboles à rotation rapide. Au moment de la visualisation, alors qu’il faisait nuit en URSS, la base était peuplée par une proportion exceptionnellement élevée de femmes. La CIA confirma que Pat Price avait vu juste.

    * Un jour, Hal Puthoff tendit à Pat Price une série de coordonnées. Environ un mois plus tôt, au quartier général de la CIA, Hal Puthoff et Russel Targ avaient présenté leurs recherches à des responsables de premier plan de l’Agence, parmi lesquels John McMahon (chef du Bureau des services techniques) et Carl Duckett (directeur adjoint chargé des Sciences et Technologies). Ces officiels de laCIA avaient estimé que le temps était venu de passer à l’espionnage psychique de cibles plus sensibles à l’étranger. Les coordonnées fournies à Pat Price concernaient une installation militaire soviétique à l’extrémité sud de la zone d’essais nucléaires de Semipalatinsk, dans la république du Kazakhstan. Les agents de la CIA qui apportèrent les coordonnées furent Ken Kress (un ingénieur du Bureau des services techniques) et le physicien Peter Maris. Ils dirent à Hal Puthoff et à Russel Targ que le site était « une installation de recherche ». Pat Price effectua la séance dans une pièce électriquement isolée au deuxième étage du bâtiment de radiophysique du SRI.

    Il vit une grue sur roues utilisée pour déplacer de grands objets lourds à l’intérieur et autour d’une installation semi souterraine, chaque roue de la grue faisant deux fois la hauteur d’un homme. Près de la grue, il y avait plusieurs autres bâtiments et un ensemble de bonbonnes de gaz comprimé. De retour à Washington, Ken Kress et Peter Maris découvrirent une récente photo satellite du site qui montrait la grue sur roues avec le bâtiment entre ses jambes, exactement comme Pat Price les avait décrits. Pat Price décrivit de nouveaux détails, dessina un plan de l’endroit, avec une rivière à proximité au nord. Puis il « pénétra » à l’intérieur du bâtiment bas sous la grue, entra dans une salle où l’on voyait de grands éléments courbes en acier que des ouvriers essayaient d’assembler pour en faire des sphères de vingt mètres de diamètre, les ouvriers testant de nouvelles techniques de soudage.

    Moins d’une semaine environ après sa première séance d’observation du site, Pat Price rencontra Ken Kress et Peter Maris, qui lui précisèrent que sa description de la grue était globalement précise. Pat Price explora de nouveau le site, et deux semaines après sa séance originelle avec Russel Targ il avait déjà rempli plusieurs heures de cassettes utilisables, ainsi qu’un grand cahier de dessins. D’après les données, il semblait que le complexe de Semipalatinsk allait mener des explosions contrôlées d’un genre ou d’un autre, et les sphères métalliques devaient servir à contenir les explosions. La correspondance entre le dessin de la grue et la photo satellite du site était si étroite, note Jim Schnabel, que « simplement en posant ces images côte à côte lors de réunions avec des responsables du renseignement, Puthoff et Targ purent assurer le financement des recherches psi du SRI pour les années suivantes ». Et vers la fin de 1974 ou le début de 1975, un satellite américain repéra à l’extérieur les grandes sphères de métal, sous leur forme complète. Les "photo-analystes" estimèrent qu’elles faisaient effectivement environ vingt mètres de diamètre. Pat Price avait décrit les sphères et les techniques spéciales de soudage avant que quiconque aux Etats-Unis ait su qu’elles existaient.

    * Une autre fois, Pat Price dit à Hal Puthoff qu’il avait vu une école de sous-marins russes dans le Pacifique. Le rapport de Pat Price fut confirmé. A l’automne 1973, selon Hal Puthoff, Pat Price avait vu venir la guerre du Kippour, avait suivi son déroulement et avait prévu la date du cessez-le-feu quelques semaines à l’avance. En une autre occasion, Pat Price déclara que Richard Nixon avait dans son propre bureau un dispositif qui allait le faire souffrir, une information qu'Hal Puthoff transmit à Ken Kress à la CIA. Quelques mois plus tard, quand l’affaire du Watergate approcha de sa conclusion, Hal Puthoff entendit parler du magnétophone dans le Bureau ovale de Richard Nixon, et il se dit que c’était probablement cela que Pat Price avait détecté.

    Pat Price était plus précis, plus consistant et plus en phase avec les détails techniques des sites/cibles qu'Ingo Swann, et il pouvait donc récupérer davantage de données.Il semblait capable de récupérer non seulement des données visuelles ou sensorielles, mais aussi des données alphanumériques, des mots et des nombres. Quand il travaillait sur une cible, Pat Price pouvait souvent lire les nombres, des mots sur des feuilles de papier, des noms sur un uniforme, comme cela avait été le cas dans le site de la NSA en Virginie occidentale. Bien longtemps après la mort de Pat Price, Hal Puthoff et d’anciens responsables du renseignement qui avaient supervisé le programme du SRI ont confié à Jim Schnabel qu’ils n’avaient jamais vu d’aussi bons médiums que Pat Price.

    Un jour, Richard Kennett voulut tester Pat Price sur une cible en mouvement. Richard Kennett partit dans un planeur avec, comme cible, une séquence de trois nombres. Pat Price montra les trois nombres qu’il avait écrits : ils étaient exacts et dans le bon ordre !

    « Price indiqua quand même que l’exercice lui-même l’avait mis un peu mal à l’aise. Il avait été capable de visualiser les nombres dans son œil interne, mais derrière eux il avait vu osciller une forme bizarre. Elle avait semblé désorienter son système vestibulaire en lui donnant quasiment le mal de mer. Il dessina la forme. Elle ressemblait à un ‘‘ankh’’, la croix ansée des Egyptiens. Kennett éclata de rire. Il plongea la main dans sa poche de chemise et sortit un ankh en argent qui pendait autour de son cou. Avec les mouvements de roulis du planeur, elle avait oscillé sur sa poitrine derrière les nombres qui se trouvaient dans sa poche. » (Jim Schnabel)

    Hal Puthoff et Russel Targ mirent en œuvre un nouveau protocole, lequel reposait sur deux personnes : un expérimentateur qui se rendait sur un site/cible et le médium qui, depuis le SRI, essayait de visualiser l’environnement de l’expérimentateur. Après la séance, le médium pouvait se rendre sur le site/cible. Le premier test formel de ce protocole eut lieu le 4 octobre 1973. Bart Cox avait une liste de sites/cibles possibles dans le secteur de la baie de San Francisco. Il sortit un nombre aléatoire de sa calculatrice et l’utilisa pour choisir un site dans sa liste. Il prit le dossier approprié contenant les directions menant à l’endroit donné et donna le tout à Hal Puthoff, lequel alla vers sa voiture avec le chef de sa section au SRI, Earle Jones. Hal Puthoff ouvrit le dossier et suivit les instructions données pour aller vers l’objectif, en l’occurrence la tour Hoover sur le campus de l’Université de Stanford (à proximité de Palo Alto). Hal Puthoff et Earle Jones montèrent en haut de la tour pour trouver une table d’orientation, et ils cherchèrent à s’imprégner de toutes les sensations du site. A un moment préalablement déterminé, Pat Price, du SRI, essaya de visualiser où se trouvaient Hal Puthoff et Earle Jones. Il les perçut sur une crête ou un promontoire surplombant l’océan, et il estima qu’ils étaient à environ cent vingt mètres au-dessus du niveau de la mer. Il vit une pièce avec un carrelage espagnol et une colonnade, à environ cinq kilomètres au sud du SRI. De l’autre côté, il eut l’impression de voir une bibliothèque ou une sorte de musée avec une exposition à l’intérieur. La zone perçue lui parut être la tour Hoover.

    En octobre 1973, Hal Puthoff et Russel Targ réalisèrent, avec Pat Price, neuf expérimentations de ce type (sur neuf lieux cibles distincts). Un juge qui n’avait participé à aucune expérience se rendit sur les différents sites avec en main des copies des transcriptions de Pat Price. Sur place, il essaya de deviner quelle transcription correspondait à quel site. Il y parvint sept fois sur neuf. Si la seule chance avait été à l’œuvre, il n’aurait sans doute pas obtenu plus d’une bonne correspondance sur neuf. Il n’avait qu’une chance sur trente-cinq mille d’obtenir par hasard sept bonnes réponses sur neuf. Parfois Pat Price était installé dans une « cage de Faraday » protégée contre l’induction de champs électriques extérieurs. Deux fois, Pat Price était assis sur un banc dans un parc rempli de monde. On utilisa aussi des cibles mouvantes (comme dans la démonstration du planeur). Tout ceci n’avait aucune incidence sur les résultats.

    Hal Puthoff et Russel Targ testèrent aussi Pat Price pour sesaptitudes "psychokinétiques".Il fut capable d’influer sur le rythme du balancier de cuivre d’une pendule, et il perturba apparemment, bien que marginalement, un petit magnétomètre du SRI qui avait défié Ingo Swann. Karlis Osis, de la Société Américaine de Recherche Psychique à New York, plaça une petite boîte de cuivre dans une pièce fermée, avec, à l’intérieur de cette boîte, une plume, laquelle était contrôlée par un rayon infrarouge et une cellule photoélectrique qui devaient détecter le moindre mouvement. A l’autre bout du continent, le capteur infrarouge s’éteignit lorsque Pat Price se concentra sur la cible.

    Un jour, Russell Targ et Hugh Crane (un autre responsable du SRI) étaient assis avec Pat Price dans la cage de Faraday, attendant d’effectuer la séance n° 4 de la série de neuf séances. Hal Puthoff et son chef de division Bart Cox étaient les expérimentateurs hors site. Bart Cox modifia le protocole afin de s’assurer qu'Hal Puthoff et Russel Targ n’étaient pas d’une manière ou d’une autre de mèche avec Pat Price. Au lieu de se rendre sur la cible choisie pour lui au laboratoire, il roula aux alentours, tourna selon « un algorithme pseudo-aléatoire » qui prenait en compte les virages effectués devant lui par les voitures. Au moment déterminé, il s’arrêta là où il se trouvait et il attendit. Lui et Hal Puthoff partirent à 15 heures, Russel Targ étant dans la salle de RV avec Pat Price. Ce dernier vit une petite jetée ou un petit quai le long de la baie, des petits bateaux, des voiliers, des vedettes… Hal Puthoff et Bart Cox se trouvaient dans la marina de Redwood City, et ils avaient en vue les bateaux décrits par Pat Price. Or, ils ne s’étaient trouvés sur les lieux que cinq minutes au moins après la description de Pat Price. Il s’agissait donc d’une RV de type "précognitif".

    La dernière cible de la série de neuf était une paire de piscines dans le parc Rinconada à Palo Alto. Pat Price décrivit les tailles et les formes des deux bassins, l’un rond et l’autre rectangulaire, et il détecta à proximité une petite casemate de béton. Mais il interpréta l’endroit comme une station de traitement de l’eau et il ajouta quelque chose qui ne se trouvait pas là : deux grands réservoirs d’eau en hauteur. Bien plus tard, Russel Targ lut le rapport annuel 1995 de la ville de Palo Alto, lequel mentionnait qu’en 1913 une nouvelle station hydraulique municipale fut construite sur le site de l’actuel parc Rinconada. Une photo montrait une tour avec deux réservoirs d’eau, plus ou moins à l’endroit où Pat Price les avait décrits.

    Hal Puthoff et Russel Targ ont demandé à Pat Price d’essayer de distinguer psychiquement des enveloppes contenant des dessins tracés avec des stylos ordinaires, ainsi que d’autres enveloppes dont les dessins avaient été réalisés à l’aide d’encres invisibles spéciales de la CIA. Pat Price ne réussit pas parfaitement l’exercice, mais fit mieux que la simple chance.

     

    * Collaboration avec la police de Berkerley :

    Le 5 février 1974, Earle Jones entra dans le bureau d’Hal Puthoff avec un message de la police de Berkeley. La nuit précédente, la fille du magnat de la presse Randolph Hearst avait été enlevée. Hal Puthoff et Pat Price rencontrèrent les policiers dans l’appartement de Patty Hearst. Pat Price déclara qu’il ne sentait pas que l’argent était le mobile de l’enlèvement, mais qu’il s’agissait plutôt d’un acte politique terroriste destiné à attirer attention et sympathie. Au poste central de police, on présenta à Pat Price plusieurs volumes de photos d’identité judiciaire non étiquetées, comprenant les habituels suspects et quelques autres. Il prit trois photos et en sortit une en particulier, celle d’un jeune homme. Le nom Lobo lui venait à l’esprit (« loup » en espagnol). Cet homme, dit Pat Price, avait une extraordinaire capacité de contrôle mental. Par exemple, il s’était récemment fait arracher une dent chez le dentiste sans anesthésie, en utilisant l’autohypnose.

    Deux jours après, la police reçut le premier d’une série de « communiqués » des ravisseurs. Comme Pat Price l’avait dit, ils ne réclamaient pas d’argent mais ils demandaient de la nourriture pour les pauvres. Ils se baptisaient « l’Armée de libération symbionèse ». La police et le FBI découvrirent que les trois hommes que Pat Price avait isolés au milieu des photos judiciaires étaient des membres du groupe. Celui que Pat Price avait appelé Lobo était un marginal de Berkeley appelé William Wolfe, et Willie le Loup était un de ses surnoms. (En anglais « Wolf » signifie « Loup ».) La police confirma même l’anecdote concernant l’extraction de dents sans anesthésie.

    « D’abord, Price essaya de trouver Patty Hearst de manière directe, en décrivant son environnement immédiat avec suffisamment de détails pour que la police puisse localiser l’adresse précise. Mais s’il pouvait nettement la voir enfermée dans un placard à l’intérieur de la maison de quelqu’un - ce qui était effectivement le cas à ce moment-là -, il était incapable de déplacer sa perception psi vers l’extérieur et, notamment, le coin de rue le plus proche où il aurait pu déchiffrer le nom de l’artère. Il la voyait tous les jours, mais il ressentait une intense frustration de ne pouvoir l’aider à la localiser.

    Au bout d’un moment, Price décida d’essayer de la trouver indirectement, en triangulant sa position. Puthoff le conduisait en différents endroits de la baie, et alors Price s’asseyait et attendait que lui parviennent des impressions sur la direction de la cachette des kidnappeurs. C’était comme s’il y avait une sorte de boussole dans son cerveau, avec Patty Hearst représentant le nord. Quand Price avait une sensation de la direction de Patty Hearst, Puthoff repérait la position sur la carte du secteur grâce à la direction indiquée. Et ainsi ils répétaient l’opération en différents endroits de la baie. Au bout du compte, leur idée était de voir où toutes les lignes obtenues allaient plus ou moins se croiser. Puthoff et Price se rendraient alors dans le secteur désigné pour continuer de trianguler. Quand ils auraient de nouveau répété plusieurs fois l’opération dans un quartier précis, les lignes convergeraient vers une maison spécifique. Et la police pourrait alors intervenir et libérer l’héritière enlevée. En tous les cas c’était l’idée. » (Jim Schnabel)

    Début avril, malheureusement, le groupe des kidnappeurs fit parvenir une cassette audio dans laquelle la jeune fille disait vouloir « rester et combattre » avec le groupe. Elle fut bientôt photographiée avec d’autres membres de celui-ci pendant qu’ils cambriolaient une banque de San Francisco. Un jour de mai, Pat Price dit à Hal Puthoff qu’il voulait faire un nouveau balayage psychique de la baie, ayant la conviction qu’ils allaient cette fois-ci trouver la jeune fille. Mais le lendemain, la police abattit des membres du groupe de kidnappeurs, dont William Wolfe qui était devenu l’amant de Patty Hearst, dans un immeuble de Los Angeles. Au cours des seize mois suivants, Patty Hearst se cacha et se déplaça dans tout le pays avec ses camarades du groupe, et elle fut finalement arrêtée alors qu’elle se trouvait dans un appartement du Mission District de San Francisco, bien après que Pat Price eût arrêté de la chercher. Incité par l’ancien astronaute Edgar Mitchell, Ingo Swann avait lui aussi cherché à retrouver la jeune fille kidnappée, mais sans succès lui aussi.

     

    * L’ambassade de Chine :

    Le renom de Pat Price avait grandi, et il partit du SRI. Durant l’automne 1974, il travailla notamment pour une compagnie houillère d’Huntington, en Virginie occidentale. Le président de la compagnie offrit son poste à Pat Price.

    En 1950, Norm Everheart fut recruté par la CIA et il fut rapidement envoyé en Grèce. Lorsqu’il revint de Grèce, il eut une réunion avec le chef de l’Office of Technical Service(OTS). Ken Kress, jeune technicien de l’OTS, appela Norm Everheart. En 1972, Ken Kress avait donné au SRI son premier contrat de recherche psi. Il confia à Norm Everheart un document décrivant certaines expériences de RV menées au SRI. Norm Everheart revint avec ce qui semblait une bonne cible : le bureau des communications de l’ambassade de Chine d’une certaine capitale étrangère. Pour déclencher une opération de pénétration des communications de l’ambassade, il fallait être certain que ce bureau se trouvait dans le sous-sol du bâtiment.

    « Après avoir pris connaissance de certaines informations glanées par Price, Everheart conclut que si le médium parvenait à récupérer une information détaillée sur les employés du chiffre et leurs équipements de communication dans le sous-sol de l’ambassade en question, alors l’opération d’infiltration du SIGINT pourrait intervenir. Il proposa formellement que Price décrive cet étage inférieur de l’ambassade. » (Jim Schnabel)

    Le chef de l’équipe, Ed Rogers, considéra la proposition de Norm Everheart avec une bonne dose de scepticisme. Mais finalement, Ed Rogers accepta d’associer Pat Price à l’opération, mais à cette condition : Pat Price devait d’abord réussir trois tests sur des objectifs semblables à propos desquels l’Agence disposait déjà d’amples informations.

    Quelques jours après, Ken Kress et Nick Clancy (un autre agent de la CIA) se retrouvèrent dans la chambre d’hôtel de Pat Price, dans la région de Washington, pour le premier test. Ken Kress sortit de sa mallette une photo noir et blanc d’un bâtiment situé quelque part dans le monde. Il s’agissait de l’ambassade de Chine dans une grande ville d’Afrique. Pat Price se mit à esquisser grossièrement la silhouette de l’Afrique, traça une ligne horizontale en travers du continent pour indiquer l’équateur, et fit un point à l’endroit où selon lui se trouvait l’ambassade. Nick Clancy vit que Pat Price était pile sur la cible. A une question posée par Nick Clancy, Pat Price précisa que le bâtiment se trouvait à 240 kilomètres de l’océan, ce qui était exact. Puis il précisa qu’il y avait là trois bâtiments, ce qui était aussi exact. Puis Pat Price « pénétra » à l’intérieur de l’immeuble montré sur la photo. Il dit de faire attention aux marches se trouvant dans un couloir, la lumière étant mauvaise. Nick Clancy se souvint qu’il avait traversé ce couloir et qu’il avait presque trébuché à cause du mauvais éclairage. Pat Price déclara que Nick Clancy avait développé cette photo dans le sous-sol d’une maison se trouvant à environ 1 kilomètre 600 du bâtiment, ce qui, encore une fois, était vrai.

    Le deuxième test eut lieu environ un jour après, toujours dans la chambre d’hôtel, la photo en noir et blanc montrée désignant un autre bâtiment. Pat Price traça une silhouette de l’Italie, en marquant l’emplacement de Rome. Puis il descendit son stylo jusqu’à une capitale d’Afrique du Nord, le bâtiment se trouvant, dit-il, dans cette ville. Ce qui était juste. Pat Price franchit mentalement la porte principale pour pénétrer dans un grand hall, tout en évoquant un magnifique escalier. Puis il vit des lits et beaucoup de gens blessés, ce qui ne correspondait pas à ce que savait Nick Clancy. Quant à la grande porte de fer qui bloquait l’entrée principale, elle ne semblait pas exister. Ultérieurement, Nick Clancy découvrit que l’édifice avait été le dortoir d’une école de filles juste avant la Seconde Guerre mondiale, et que l’édifice avait, pendant le conflit, servi d’hôpital. A cette époque, il n’y avait pas de porte en fer. Pat Price avait, sans le savoir, glissé dans le temps.

    La troisième cible concernait un bâtiment diplomatique chinois à Rome. Pat Price dessina précisément le plan et décrivit une fresque sur le plafond de l’une des plus importantes pièces de l’ambassade. Nick Clancy connaissait bien cette peinture.

    Norm Everheart présenta les résultats de ces trois tests au chef de l’Equipe D, Ed Rogers, lequel parut surpris par la qualité des données. Mais Ed Rogers n’osa pas faire appel au médium, préférant donner son feu vert à une opération risquée pour examiner le sous-sol de l’ambassade visée avec des moyens techniques rapprochés. Ils constatèrent que le sous-sol du bâtiment chinois n’était qu’une cave à vin.

     

    * La mort de Pat Price :

    En juillet 1975, Pat Price acheva sa mission pour la compagnie houillère de Virginie occidentale. Depuis qu’il avait quitté le SRI, il s’était senti de moins en moins en forme, et maintenant son état avait largement empiré. Au cours de son check-up médical au SRI, un an plus tôt environ, son électrocardiogramme avait fait apparaître un problème coronarien sérieux. Il avait 56 ans.

    Lors d’un repas, à Las Vegas, Pat Price se plaignit de ne pas se sentir bien. D’après le témoignage ultérieur de Bill Alvarez, un ami présent lors du repas, Pat Price déclara que la veille à Washington, au cours du dîner, quelqu’un aurait glissé quelque chose dans son café.

    « Price se sentit bientôt si mal qu’il remonta dans sa chambre. Il s’allongea, se sentit de plus en plus mal et appela les Alvarez. Ils se précipitèrent dans sa chambre pour trouver Price sur le lit, terrassé par une attaque cardiaque. Alvarez appela les secours qui essayèrent de ressusciter Price avec des défibrillateurs. En vain. Price fut déclaré mort aux urgences de l’hôpital local.

    A partir de là, l’histoire devient plus étrange. Quand Richard Kennett et les autres essayèrent de découvrir ce qui était arrivé, ils apprirent qu’aucune autopsie n’avait été pratiquée. Pour les morts à l’hôpital de causes bien identifiées, on se passait fréquemment d’autopsie. Mais pour des morts hors de l’hôpital, a fortiori quand le défunt n’était pas un citoyen de la ville, l’autopsie était la norme. Pour Kennett, l’absence d’autopsie soulevait des questions. Mais on répondit simplement aux enquêteurs qu’un ami de Price – pas Alvarez – s’était présenté avec une mallette pleine de documents médicaux. Ceux-ci et la déclaration du médecin urgentiste avaient apparemment suffi à convaincre les autorités médicales de Vegas que l’autopsie était inutile et qu’on pouvait déclarer Price mort de crise cardiaque. Kennett essaya de retrouver cette mystérieuse personne à la mallette, mais il n’y parvint jamais et il ne put même pas découvrir si elle existait vraiment. » (Jim Schnabel)

    La mort de Pat Price donna naissance à toute une série de rumeurs et de questions… En 1994, Russel Targ confia à Jim Schnabel : « Je ne sais pas comment Pat Price est mort. »

    Au cours d’une séance de vision à distance à Fort Meade, à la fin des années 1970, Skip Atwater lança Joe McMoneagle à son insu sur Pat Price.

    « Il lui dit simplement que la cible était une personne. Descendu dans sa zone, McMoneagle décrivit un homme qui ressemblait à Price, dans un lieu souterrain, et qui travaillait secrètement pour le gouvernement. »

    Certains "visualiseurs"en vinrent à penser que Pat Price était encore en vie.

    « Une rumeur circula : quelqu’un (Puthoff, selon un récit, mais lui-même le nie) aurait croisé Price, à la fin des années 1970, dans la galerie marchande d’une banlieue chic de Virginie. Price se serait éclipsé rapidement en se dissimulant le visage. » (Jim Schnabel) (13)

    Alain Moreau

     

    http://www.mondenouveau.fr

     

     


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  • LE PHYSICIEN RÉGIS DUTHEIL SONDE
    LES MYSTÈRES DE LA CONSCIENCE HUMAINE



     

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    Grâce aux nouveaux accélérateurs de particules, les physiciens arrivent à propulser des particules à une vitesse proche de celle de la lumière.
    A ces vitesses extrêmes, les lois qui régissent notre univers n'ont plus cours. Ces travaux en physique fondamentale ont conduit le Pr Régis Dutheil à construire un modèle rendant compte de la complexité de notre monde. L'hypothèse ? Il existe un second univers complémentaire et symétrique au nôtre, où les vitesses sont toujours supérieures à celle de la lumière. Dans cet univers, notre notion de temps n'existe plus puisqu'on peut se déplacer de manière instantanée dans le passé, le présent ou le futur.
    Cet univers, qu'il a baptisé " espace-temps superlumineux ", n'est constitué que d'informations et de conscience : toutes les informations (passé, présent, futur) et la conscience de toute l'humanité. Une hypothèse qui rejoint les intuitions de certains philosophes de l'Antiquité et bouleverse les notions même de naissance et de mort.



    L’existence d’un univers superlumineux, parallèle au nôtre, expliquerait les phénomènes irrationnels.

    Une jeune femme, morte cliniquement à trois reprises à la suite d’un accident grave, a perçu toute la conversation entre son médecin et le chirurgien, alors qu’elle était en arrêt cardiaque sur la table d’opération.
    Elle a entendu distinctement les commentaires que faisait le chirurgien et une fois rétablie a pu les répéter mot pour mot. Les publications du Dr Moody présentant des témoignages de personnes ramenées à la vie après s’être trouvées en état de mort clinique mettent en évidence des expériences corroborées par de nombreuses études réalisées postérieurement .

    La plupart des témoins affirment être sortis de leur corps, avoir vu et entendu très distinctement leurs proches ou l’équipe médicale s’affairant autour de leur dépouille. "Mon être avait une certaine densité". "Pas une densité physique, je dirai plutôt des ondes ou quelque chose comme ça". "Je ne sais pas, rien de vraiment matériel, mettons une décharge électrique si vous voulez".

    Fascinants par leur ressemblance, ces récits aujourd’hui bien connus se poursuivre par un voyage vers l’au-delà, vers "la lumière blanche rayonnante, faite de compréhension et d’amour".
    Comment expliquer que des sujets cliniquement morts, donc hors d’état de percevoir des informations par le canal de leurs organes sensoriels habituels, puissent voir et entendre ? Que leur conscience se sépare de leur corps et rejoigne un univers ou toute notion de temps et de distance est abolie ?


    Les états de conscience au moment de la mort, les prémonitions, la télépathie…. Les phénomènes inexplicables ne manquent pas. Longtemps méprisés par la science moderne (alors que les civilisations anciennes les avaient intégrés dans leur culture), ils font maintenant l’objet de recherches très sérieuses, suite aux nouvelles perspectives ouvertes par la physique quantique.

    Des anti électrons qui remontent le cours du temps, des effets qui précèdent la cause, des particules qui possèdent simultanément un grand nombre d’états possibles : autant de découvertes remettant en question la notion d’espace-temps et le principe de causalité considéré comme immuable par la physique classique.
    Autre constatation qui bouleverse les idées reçues : une particule peut être à la fois onde et corpuscule, et la réalité observée est influencée par la conscience de l’observateur !

     


    " La mort me passionne. Je croyais autrefois qu’elle résolvait tous les problèmes… J’ai été forcé de constater qu’il n’en est rien. La mort n’est qu’un déplacement d’existence !" Déclare Régis Dutheil, professeur à la faculté de médecine de Poitiers et qui se consacre depuis 1973 à la recherche fondamentale.
    Il a élaboré une théorie de la relativité valable "au de-là de la lumière" qui l’a amené par déduction mathématique à la conception d’un temps spatial infini.
    "Après m’être consacré à des recherches purement scientifiques, j’ai lu beaucoup de livres sur les états de conscience. J’ai recherché des explications. L’idée a germé de construire un modèle permettant de comprendre le phénomène de la mort imminente." Le domaine privilégié du physicien, c’est l’autre coté du miroir. Pas seulement l’autre versant de la vie. Mais l’autre versant de l’univers : un univers "superlumineux", complémentaire et symétrique au nôtre, où les vitesses sont supérieures à la lumière, où notre notion du temps n’existe plus car on s’y déplace de manière instantanée dans le passé, le présent ou le futur.
    Cet espace-temps "superlumineux" serait constitué de toutes les informations et de la conscience de l’humanité.



    L’individu est conscience, relié à la conscience collective. Son enveloppe charnelle serait un hologramme* constitué Sur la base d’informations provenant d’un univers superlumineux. Au moment de la mort, l’hologramme disparaît mais la conscience subsiste, à nouveau libre et pleinement reliée à l’espace temps infini.
    Dans son livre "L’Homme Superlumineux" (Ed. Sand, Paris), Régis Dutheil établit un parallèle entre ses hypothèses et les différentes représentations religieuses et philosophiques.

    Nous sommes faits de molécules. L’homme moléculaire est déterminé par un programme génétique, l’ADN codant les informations. Mais d’où proviennent ces informations ?
    Difficile d’imaginer que l’ordinateur biologique se soit auto programmé… Les biologistes n’ont pas vraiment répondu à cette question.
    Nous savons par ailleurs qu’il existe, autour de tout être vivant, un champ électromagnétique entourant le corps, champs dont on peut dresser la cartographie en déplaçant les électrodes autour de l’organisme (et qui permet de constater des correspondances frappantes avec les points d’acuponcture). Ce champ varie au cours du temps, en réponse à un ensemble de facteur internes et externes.

     


    Une expérimentation réalisée sur plus de mille femmes à l’hôpital Bellevue de New York a permis de déceler, en étudiant la modification du champ électrique des patientes, la présence de cancers qui n’étaient décelable par aucun autre examen. Ce champ se modifie donc avant que les symptômes de la maladie ne deviennent cliniques.
    "Il est plausible de penser, ajoute Régis Dutheil, qu’il en soit de même pour tout syndrome pathologique.
    Ce procédé, s’il était appliqué de manière systématique, pourrait devenir un précieux moyen de diagnostic précoce
    ".
    Des expériences réalisées par Harold Saxton Burr et son équipe de biologistes et de physiciens ont prouvé l’influence des champs électriques sur les données chromosomique, c’est à dire sur le programme génétique.

     


    Il existe, écrit le professeur Dutheil, une structure, encore très mal connue, non superposée, mais intriquée à la structure biologique classique. Nous l’appelons le corps électrique. C ‘est ce corps électrique qui servirait d’intermédiaire entre la conscience superlumineuse et les cellules dont nous sommes constitués, transmettant dans les deux sens des informations sous formes d’ondes.
    La médecine actuelle ne considère que le corps biologique, soignant des perturbations moléculaires locales, autrement dit les symptômes de la maladie. La médecine traditionnelle chinoise, elle, considère l’être humain dans sa globalité et s’applique à rétablir l’équilibre entre des énergies défaillantes.
    Dans son ouvrage le plus récent, "La Médecine Superlumineuse" , Régis Dutheil propose une nouvelle voie qui pourrait être celle de la médecine du futur : agissant au niveau du corps électrique d’une part, et de la conscience d’autre part.
    Ce que je souhaite essentiellement, déclare t-il, c’est que les hommes se rendent compte que ce qui les entoure est un reflet. La réalité se trouve en eux. Tout ce qui nous entoure est créé par l’homme, y compris la maladie.

     


    Selon le physicien, le trouble constitué par la maladie est du à un défaut dans l’information de l’hologramme.
    "Les maladies mentales, en particulier, sont toutes des maladies du traitement de l’information. Le malade ne gère plus correctement les informations, ou bien il reçoit des informations perturbées. C’est un peu comme un téléviseur qui diffuserait des images troubles, distordues.
    Il en est de même pour les maladies somatiques, bien que l’aspect informationnel soit moins apparent dans ce cas. Cependant, nous avons vu que le cancer peut se résumer à un problème de désinformation de la cellule au niveau de l’ADN.
    Le dénominateur commun de "l’information" domine la question de la maladie
    ".

    Régis Dutheil propose l’étude des champs électriques à titre préventif, ainsi qu’une thérapeutique fondée sur des méthodes physiques : emploi de champs électriques, de champs magnétiques ou électromagnétiques à déterminer.
    "Nous pensons que la médecine du XXI ème siècle devra, pour exister, concevoir globalement les facultés physiques, mentales et paranormales de l’homme. Un homme total, restauré dans l’unité de son corps et de son esprit".
    Parmi les expériences menées dans ce sens en collaboration avec le professeur Dutheil, citons l’utilisation des structures sonores holophoniques conçues par Jacotte Chollet. Il ne s’agit pas de musicothérapie, qui a pour but le traitement de certaines affections par l’audition de musique classique, mais d’une thérapie fondée sur le principe de la résonance.


     

     

    http://transition888.heavenforum.org

     

     


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    Atlantide : Découverte d' un Cristal

     

     

     

    Un certain docteur Ray Brown montrait lors de conférence, dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, un étrange cristal de forme ronde qu’il racontait avoir découvert dans une pyramide. Cette pyramide, d’après ses dires, se trouvait dans ce qui restait du continent engloutie de l’Atlantide…

     

    Ray Brown était un docteur en médecine qui pratiquait à Mesa en Arizona. L’homme en plus d’être docteur était un plongeur émérite ainsi qu’un chasseur de trésors. Souvent il allait dans les Bahamas à la recherche de Galion afin de remonter leurs trésors.

    La découverte de ce cristal est sujette à discussion.

    Il aurait raconté que durant une recherche d’épave lui et son équipe aurait subit une forte tempête détruisant une partie de leurs équipement. Finalement ils auraient accosté près d’une île. Le lendemain en regardant leur compas et leur magnétomètre ils se rendirent comptes que les instruments étaient totalement affolés. Ils décidèrent de s’éloigner de la zone et aperçurent sous l’eau de large structure faisant penser à une ville engloutie. Ils décidèrent de plonger. L’homme raconte que sous l’eau se trouvait les restes d’une citée, un peu plus loin ils virent une pyramide qui semblait briller tel un miroir. La construction faisait d’après lui une quinzaine de mètre de haut. Une large porte permettait l’accès, et à l’intérieur se trouvait un objet brillant, cet objet était le cristal au milieu de deux mains métalliques. Il l’enleva de son support et le ramena avec lui.

    Plus tard il dit que la pyramide se trouvait à une centaine de miles marins de la route de Bimini, en direction du sud.

    La plupart des gens qui ont vu ce cristal disent ressentir une grande force émanée de lui. L’histoire raconte qu’il existait quatre cristaux. Deux d’entre eux auraient été détruit durant le cataclysme qui fit disparaitre l’Atlantide. Un aurait été découvert par le docteur Brown, et l’autre serait encore dans un temple dans les profondeurs de l’Atlantide.

    Même si nous sommes à peu près certain de la date de la découverte de cet objet, durant les années soixante dix, aucun témoin n’est venu corroborer cette histoire. De plus la plupart des témoins sont mort, et le docteur Brown aussi.

    Beaucoup de gens reste sceptique sur cette histoire, avec aucun témoignage il est difficile de vraiment être certain de cette aventure. De plus d’autre source raconte une découverte différente, que la découverte aurait été faite avec l’équipe de Jacques Yves Cousteau. Après recherche aucun docteur Brown ni aucun Brown n’aurait accompagné l’équipe. Si cette seconde version est fausse, alors que penser de la première ?

    Le cristal existe bel et bien, mais est-ce une simple supercherie ou bien un objet d’une civilisation disparue ?

                      


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    Une femme génétiquement modifiée.

     

     

     
     

    Si ce que raconte Cathy Star Eagle est vrai alors son histoire pourrait bouleverser toutes nos connaissances : en effet, selon ses dires, elle ne serait pas humaine, du moins pas tout à fait...

    Un être humain génétiquement modifié ?

    Cathy Star  Eagle est une femme d'âge moyen, vivant à proximité de Tucson, en Arizona. Rien ne semble la distinguer d'une Américaine moyenne... Et pourtant, si l'on se fie à ses propos, Cathy serait tout à fait exceptionnelle...

    En effet, elle affirme que sa mère a été droguée et violée par des extraterrestres. Elle serait le résultat de ce viol et prétend que son ADN n'est qu' à 34 pour cent humain.

    Une histoire incroyable ou incroyablement absurde ?

    Cathy Star Eagle a fait son apparition sur la scène médiatique début Mars 2011, grâce à un article de David Lowe paru dans The Sun, célèbre tabloïd populaire britannique. Cet article, qui relate la vie et les affirmations de Cathy, a depuis été repris dans de nombreux magazines et blogs.

    Le journaliste a rencontré Cathy Star  Eagle   lors du Congrès international d'ufologie à Scottsdale, en Arizona (USA). Chaque année, des milliers de passionnés d'ufologie, de curieux et même des "victimes " d'abduction se réunissent pour partager leurs expériences, leurs observations lors de cet événement de cinq jours.

    Cathy Star Eagle tenait un stand lors de l’événement et faisait des démonstrations de ses étonnantes capacités : elle affirmait utiliser son ADN modifié (en grande partie extraterrestre) pour répondre aux questions en canalisant une intelligence extraterrestre connue sous le nom de'' L'Ambassadeur, ou Loran''. Elle communiquerait tout simplement, par télépathie, les messages à l'Ambassadeur depuis 1993.

    Une messagère particulière

    Cathy Star Eagle explique que Loran vient d'une planète située dans le système Orion, connue sous le nom de M42. Elle décrit une créature mesurant environ un mètre 20 ayant un aspect vaguement asiatique, peu chevelu et à la peau cuivrée.

    Cathy a choisi le nom de "Eagle Star, " car l'aigle est son interlocuteur direct. Selon elle, les "Bird People" (des anges ou des manifestations de consciences supérieures) ont été avec elle toute sa vie. Ils lui adresserait  des messages extrêmement importants pour l'évolution de la Terre qui est censée être dans une sorte de période transitoire et évoluer vers un stade supérieur.

    Imposture ou réalité ?

    L’Ambassadeur serait donc soit l’un de ces « Bird people » soit très proche d’eux.

    Cathy Star Eagle Star n'est pas en mesure de fournir des preuves intangibles de ses revendications. Elle considère qu' il revient alors à chacun de décider si elle est sincère et honnête ou non.

     


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