• La mélodie secrète du vivant et le biomagnétisme : en quête du nouveau paradigme

     

    La mélodie secrète du vivant et le biomagnétisme : en quête du nouveau paradigme

     

     

     

    b6fdeeb5

     

     

     

    Cette réflexion se place dans le prolongement d’une enq

    uête scientifique sur le vivant et les effets curatifs des champs magnétiques dont il n’existe pas d’explication satisfaisante actuellement (précédents billets à lire sur Agoravox)

     L’effet biologique des ondes électromagnétique n’a pas encore trouvé une explication convaincante. Ce déficit théorique ne facilite pas le développement de ces recherches prometteuses permettant de signer des pathologies réfractaires aux traitements conventionnels, qu’il s’agisse de la dépression, du cancer ou même d’Alzheimer. Les résultats sont tombés sporadiquement au cours des dernières décennies mais ces dernières années, les recherches en médecine biomagnétique ont pris un essor certain. Il est donc plus que nécessaire de chercher par quels processus les ondes physiques pénétrant dans l’organisme interagissent avec les molécules du vivant pour produire un effet curatif. La médecine chimique délivre des molécules dont les cibles sont connues et les mécanismes aussi. Le modèle de la clé entrant dans la serrure prévaut. Par exemple les neuroleptiques dont on connaît les récepteurs sur l

     

    esquels ils se fixent et qui interfèrent avec les canaux ioniques présents sur les synapses. L’aspirine agit sur un enzyme impliqué dans la chaîne des réactions biochimiques responsables de l’inflammation. Ces mécanismes sont faciles à concevoir. Un peu comme des pièces d’un puzzle formant une figure. Ce sont des histoires de formes. Une cible présentant telle configuration finit par être occupée par un ligand qui possède la forme adéquate, celle qui s’emboîte sur un site actif de la p

    rotéine cible. Mais quand il s’agit d’un champ physique, l’onde irradie l’organisme dans sa globalité. Comment l’onde finit-elle par engendrer une cascade de réactions biologiques responsables des effets constatés ?

     

     

    L’hypothèse de l’interaction ondes-atome

     Une chose est certaine, les ondes électromagnétiques interagissent avec la matière, physique autant que vivante. L’exemple le plus connu étant la photosynthèse par laquelle l’énergie lumineuse est transformée par la chlorophylle en énergie chimique permettant le développement des végétaux. D’autres effets des rayonnements sont connus. Par exemple la pigmentation de la peau après exposition aux UV du soleil. Ces mêmes UV qui peuvent casser les briques de l’ADN et engendrer des cancers. D’autres rayons sont encore plus puissants. C’est le cas des rayons X ou gamma capables d’ioniser des molécules. Si on descend en fréquence, on a les rayons produits dans les fours à micro-ondes qui, autour de 2500 Mhz, mais l’effet n’est pas directement électromagnétique. L’eau, molécule dipolaire, est pour ainsi dire secouée par les oscillations du champ et se met à vibrer puis libère sont énergie à d’autres molécules d’eau ce qui augmente l’agitation moléculaire et donc la température. D’ailleurs, ces scientifiques en quête d’effets magnétiques s’assurent toujours que les rayonnements dispensés ne produisent pas d’effets thermiques. Voilà donc à peu près les modes d’interaction connus entre champs EM et matière vivante.

    76560596_p

     Mais au fait, quel est le point de vue de la physique contemporaine ? L’interaction entre ondes EM et matière est parfaitement connue lorsqu’il s’agit de la rencontre entre des atomes et des rayonnements. Un atome occupe un niveau d’énergie. Lorsqu’un rayonnement de fréquence adéquate est absorbé par l’électron, cet atome se « déplace » sur un autre niveau. La différence d’énergie est apportée par le rayonnement dont la fréquence est calculée par la formule de Planck. Et inversement, lorsqu’un atome passe d’un niveau d’énergie élevé à un niveau plus bas, son énergie perdue est émise sous forme de rayonnement. Ainsi, tous les atomes ont des fréquences de rayonnement spécifiques si précis qu’on peut les employer pour mesurer le temps. Les horloges atomiques utilisent une fréquence du césium 133. Il existe d’autres types d’interaction comme la résonance des noyaux possédant un spin, H1, C13, P31… ce qui a permis de développer les appareils de résonance magnétique nucléaire (ou alors de la RPE si on utilise le spin de l’électron lorsqu’il est délocalisé).

     Ces interactions sont formalisées du point de vue théorique. L’équation de Schrödinger peut être résolue mathématiquement pour l’atome d’hydrogène. Les niveaux énergétiques dépendent du nombre quantique principal, n. Plus exactement, ils sont inversement proportionnels au carré de n. Les calculs effectués avec n compris entre 1 et 10 collent parfaitement aux spectres observés, avec la série de Lyman obtenue lorsqu’un atome de niveau n redescend au niveau 1. D’autres séries sont connues, comme celle de Balmer avec le niveau 2 et le 3 pour la série de Paschen. Les physiciens ont observé des séries pour des nombres plus élevés. Avec la série de Lyman, on se situe dans le domaine des UV, les raies de la série de Balmer sont dans le visible et celle de Lyman dans l’infrarouge. Avec n = 6, la longueur d’onde des raies se situe entre 4 et 10 microns, soit dans l’infrarouge lointain (qui va de 3 à 1000 microns). Plus le nombre quantique de l’état énergétique est élevé, plus la longueur d’onde absorbée pour passer à un niveau supérieur est élevée. Réfléchissons maintenant aux ondes EM utilisées pour traiter l’insomnie ou le cancer. On se situe autour de 30 hertz dans le premier cas et entre 1800 et 10 000 hertz dans le second. C’est-à-dire bien au-delà des ondes métriques utilisées pour transmettre des signaux radiophoniques. Quant à l’onde porteuse des expériences de Pasche, elle est de 27Mhz, dans la zone des ondes radio métriques. Si je fais cette comparaison, c’est pour imaginer quel devrait être le nombre quantique des électrons pouvant absorber cette fréquence, en supposant évidemment que ce soit le point de départ de l’effet biomagnétique sur les tissus vivants. Mais au vu des estimations, cette hypothèse paraît improbable. Il faudrait pour cela des atomes placés sur des niveaux d’énergie avec n égal à quelques centaines, et même beaucoup plus. La physique connaît un peu ces phénomènes qui se situent à l’interface du monde quantique et classique. En effet, ces atomes placés dans des états hyperexcités sont désignés comme atomes de Rydberg (avec n supérieur à 50) et sont 100 à 1000 fois plus grands qu’un atome standard. Question : peut-on concevoir des atomes de Rydberg dans un système moléculaire vivant ? En fait, ces atomes ont été utilisés dans les expériences de décohérence conduites par Serge Haroche, lauréat 2012 du Nobel. Dans ces travaux, les atomes de niobium peuvent interagir avec des ondes millimétriques. Mais en admettant que les ondes EM puissent être absorbées par d’hypothétiques atomes, comment comprendre l’effet régénératif qui suppose une cascades de réactions épigénétiques et nucléaires ? Que faire alors sinon reprendre à zéro et trouver d’autres pistes plus probables.

     

    Hypothèse de la matière vibrante 

     S’il est avéré que l’organisme puisse absorber des ondes de fréquences spécifiques (comme l’indiquent les résultats de Pasche et d’autres utilisant des champs pulsés), alors il faut chercher quel phénomène d’ordre oscillatoire pourrait rendre compte de cette sorte d’interférence qui n’a pas été observée mais qui est soupçonnée d’induire des effets biologiques. Pourrait-on penser que la vie n’est pas uniquement composée de molécules chimiques et qu’elle est le siège de processus vibratoires, conformément à la nature ondulatoire de la matière ? Essayons cette piste. On connaît des cellules capables de créer des vibrations. Ce sont les neurones. Rien de bien nouveau puisque les phénomènes vibratoires sont connus et très étudiés. Onde alpha et autre signaux détectés en plaçant une électrode sur le crâne. Ce ne sont pas des ondes électromagnétiques mais des variations de champ électrique. Le fonctionnement du cerveau échappe encore aux neuroscientifiques. Les neurones peuvent produire de la musique. Ceux qui en rêvant composent et entendent cette musique avec un sentiment de puissance et de beauté incomparable font une expérience dévoilant la dynamique électrique, voire électromagnétique du cerveau. Il n’y a aucun bruit et pourtant, le sujet qui rêve entend de la musique. Ce qui montre que l’entendement est électrique. Et même en état de veille. La perception sonore n’a rien de mécanique. Les vibrations électriques des neurones qui, interférant avec les vibrations de l’air transmises par le tympan, procurent la sensation sonore qui, si elle est accompagnée de langage ou de musique, est interprétée par le « cerveau électrique » qui recompose « électriquement » ce qui est entendu « mécaniquement ». Le cerveau produit de la musique et de la pensée qui en essence, sont une même chose.

     Eh bien me voilà un peu égaré, tel un randonneur ayant marché à l’improviste et se retrouvant en rase campagne, un peu perplexe face au paysage et se demandant où il habite. Il faut reprendre le fil de la réflexion. Les effets biomagnétiques sont systémiques. Comme l’est du reste le fonctionnement de l’organisme avec des cellules pouvant être régénérées. Les cas sont connus. Qu’il s’agisse des cellules hépatiques ou d’une plaie qui, passé un certain délai, disparaît alors que la peau retrouve son aspect initial. Ce qui suppose une intervention réglée et précise des mécanismes de division et différenciation cellulaire et donc une intervention des régulations épigénétiques. Lesquelles sont également mobilisées lorsque des effets biomagnétiques sont constatés, que ce soit dans la cicatrisation des fractures ou le ralentissement des processus cancéreux. De plus, beaucoup d’études publiées sporadiquement depuis trois décennies ont recensé des modifications de l’ADN et de l’ARN après exposition des cellules ou des tissus à des champs EM. Oui mais alors, comment expliquer que de des ondes finissent par déclencher ces processus épigénétiques ? Y aurait-il une résonance entre les vibrations moléculaires et les ondes magnétiques ? Une interférence comme celle produite par les micro-ondes sur la molécule d’eau, sauf que ce n’est pas la molécule d’eau qui serait impactée et surtout que l’effet ne serait pas thermique mais bio-chimique. Un processus de cette nature est envisageable si l’on suppose que le champ EM est susceptible de modifier la configuration de biomolécules. On sait en effet que les macromolécules ne sont fonctionnelles que lorsqu’elles adoptent une structure tridimensionnelle qui n’est pas forcément celle analysée dans les tubes à essai. Les biomolécules vibrent et peut-être que les cellules utilisent ce mode dynamique pour communiquer entre elles. C’est d’ailleurs une des mes idées récemment proposée que concevoir les réseaux épigénétiques comme des ensembles doués de facultés cognitives comme les réseaux neuronaux. Si le cerveau humain crée de la musique, alors, on peut penser à une mélodie composée par les ARN et peut-être bien l’ADN. Mais là, il faut reconnaître qu’on est dans la spéculation bien incertaine et sans doute plus près de la poésie que de la science.

     

    Les communications et cognitions cellulaires

     

     S’il est avéré que les ondes EM puissent avoir un effet régénérateur, alors l’explication ne pourra venir que d’un nouveau paradigme en sciences du vivant. Pour l’instant, des pistes novatrices sont proposées. L’une des voies les plus prometteuses consiste à concevoir les cellules d’un organisme comme des agents cognitifs. Ces idées nouvelles sont appliquées par plusieurs biologistes parmi lesquels figure Michael Levin, biologiste qui étudie le développement et la régénérescence de l’organisme et dont les dernières recherches pourraient être mises à contribution pour comprendre le biomagnétisme. Dans son laboratoire de l’université Tufts, Levin a réussi à faire pousser des cellules oculaires sur la parfois intestinale d’un vers nématode en développement grâce à un dispositif permettant de modifier l’environnement électrique des cellules dont la spécialisation se trouve alors déviée. Levin étudie les interactions entre le milieu et les régulations épigénétiques en considérant chaque cellule comme un agent cognitif (cette conception rejoignant d’ailleurs mes propres investigations sur la nature technique et cognitive du vivant, développées depuis quelques années et qui cherchent un éditeur). Il pense que cette voie pourrait être prometteuse dans divers champs thérapeutiques comme le cancer. Le principe fondamental étant que les cellules ne sont pas déterminées inéluctablement par les gènes et qu’elles peuvent se reprogrammer en jouant sur le contexte environnant et notamment les paramètres biophysiques qui peuvent être le PH ou l’activité électrique dont les effets se manifestent au niveau épigénétique. Ces relations sont bien connues en neuroscience, lorsque les activités électriques des neurones induisent des modifications du transcriptome. Il est alors concevable qu’une altération du champ électrique ou magnétique puisse induire une réponse épigénétique dont les conséquences seraient de régénérer des tissus, voire de stopper la division de cellules cancéreuses. Mais hélas, on ne sait pas à quel niveau l’interaction entre « matière vivante » et champ physique pourrait se produire.

     En résumé, le champ physique peut modifier l’environnement électrique et/ou magnétique des tissus vivants, ce qui pourrait induire une réponse de l’organisme avec des cellules cancéreuses pouvant être stoppées, ou alors des neurones dégénérés pouvant récupérer leurs aptitudes. La réponse serait de nature épigénétique en aval alors qu’en amont, nul ne sait comment se passe la transduction entre l’impact des champs physiques et les réponses cellulaires. Quels sont les éléments moléculaires qui interagissent avec le champ ? Le cadre épistémologique est donc clair pour ce qui relève de la « composante systémique ». Un cadre que j’ai désigné comme « dialectique phénoménologique entre les réseaux épigénétiques et l’environnement phénotypique » et dont le principe est simple. Le noyau et la dynamique épigénétique, transcription incluse, répondent à l’environnement cellulaire en mettant en jeu des processus cognitifs. Et donc en modifiant l’environnement, on peut rétablir des processus épigénétiques « sains ». C’est ce principe qui intervient dans la médecine biomagnétique et plus généralement dans les thérapies qui se veulent systémiques et non invasives.

     Le cadre épistémologique est donc clairement établi mais il manque un élément essentiel, la connaissance du processus médiatisant l’interaction entre champ physique et « matière vivante ». Si j’insiste sur ce point, c’est que les effets EM sont radicalement étrangers à une interprétation accessible dans le cadre des conceptions scientifiques modernes du vivant, que celles-ci soient génétistes, molécularistes, mécanistes et même systémiques. Cette situation n’est pas sans rappeler le contexte de la physique lorsque Planck trouva la quantification de l’énergie au tournant du siècle tandis que deux décennies plus tard, Schrödinger et de Broglie découvrirent la nature « ondulatoire » de la matière. Le 21ème siècle cherchera sans doute la mélodie secrète du vivant dans les formalismes de la physique quantique. Mais il faudra quelques savants de la pointure de Newton ou Darwin pour dévoiler cette mélodie.

     

    Source : http://www.agoravox.fr

     

     

     

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :